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des circonstances, tandis que les armées autrichiennesne pouvaient pas remporter des avantages d’un côtesans s’exposer d’un autre à des diversions fâcheuses.Par l’acquisition de l’Alsace et par son influence dansles affaires de l’Allemagne la France s’était fait del’Autriche une ennemie pour longtemps irréconciliable.Les états d’Autriche formant du côté de la Bohême unsaillant, éloigné du Rhin à peu-prés 36 milles d’Alle-magne, il était impossible au gouvernement autrichiende former sur son territoire une base d’opérationsoffensives contre la France. Il lui était également im-possible d’en former une de concert avec les princesallemands, dont plusieurs étaient dévoués au gouver-nement français. Les frais énormes que dut causerune guerre faite à une très grande distance des pro-pres frontières furent vraisemblablement la raison quiengagèrent l’Autriche à ne faire la guerre sur le Rhinet dans les Pays-Bas, qu’à la sollicitation d’autrespuissances et sous la condition des subsides qui trop peuproportionnés à des opérations dispendieuses en permet-taient rarement l’exécution. En Italie les armées autri-chiennes directement liées au corps de l’état avaientplus de succès dans leurs opérations contre les arméesfrançaises ayant à franchir les Alpes, dont les barriè-res se trouvaient entre les mains d’un souverain tan-tôt ennemi, tantôt allié très incertain de la France. De-puis le règne de Ferdinand I. jusqu’à l’époque de larévolution française les armées autrichiennes livrèrentdans les guerres avec la Porte, la Suède, la France etla Prusse à peu près 57 batailles, en gagnèrent 18,prirent 23 places, en dégagèrent 5, en perdirent 31 et