Les rapports politiques entre la France et la Rus-sie viennent d’être interrompus. La guerre n’est pas dé-clarée, mais l’attitude de ces deux puissances a déjà prisun caractère hostile selon toutes les formes diplomati-ques. Un tel éloignement n’est pas l’effet d’un capricede cour, il n’est pas provoqué par des motifs qui puis-sent subir des modifications et des adoucissements pardes moyens conciliatoires. L’homme qui domine laFrance veut subjuguer l’Europe par la force réelle, oùpar l’exercice d’une influence décisive. L’empereur deRussie désire la préserver de l’esclavage dont les pro-grès sont déjà si effrayans.
La France a parcouru une grande partie de sa car-rière vers le but malfaisant qu’elle se propose; il ne s’a-git pas de l’arrêter et de le circonscrire dans les limitesde son pouvoir actuel, mais encore de la faire rentrerdans des bornes compatibles avec l’indépendance desautres nations, et de lui enlever la portion de ce mêmepouvoir qui lui sert de tentation et d’instrument pourabuser de ses forces. Il resuite d’un tel état de choses