IV
que ses ennemis se trouvent dans la nécessité de l’atta-quer dans la position où elle est placée maintenant. Enexaminant les dispositions des puissances du continentde l’Europe, il est évident qu’aucune d’entre elles n’a nila force ni la volonté de se mettre à la tête d’une coa-lition. C’est la Russie seulement qui peut sans dangerélever l’étendart de la résistance et appeler les autres àla seconder. Il reste donc à déterminer ce quelle veutfaire elle-même et ce qu’elle a droit d'attendre ou d’exi-ger des autres, dans le cas qu’elle emploie tous lesmoyens que sa position lui permet de mettre en œuvre.
La France est sous une autorité dont l’existence,surtout dans les formes actuelles, dépend en grandepartie de celle de l’homme qui s’en est rendu le maîtreLe moindre accident contre sa personne ou contre saréputation ne manquerait pas de porter du désordredans la machine étrange qu’il vient de fabriquer, qui nepeut convenir qu’à lui seul et aux circonstances qui luisont personnellement exclusives. Elle a une armée quia déjà acquis le droit de se faire respecter par les vic-toires et l’expérience acquise dans la guerre qui vient àpeine d’être terminée. Son territoire s’étend depuis leRhin jusqu’à l’Adige et au golfe de Tarente, et ellevient de se mettre en possession de l’Hannovre par ladernière invasion dans le nord de l’Allemagne. Quandà la puissance fédérative, elle compte sur la neutralitéobstinée de la Prusse, et s’attend que l’Autriche n’oserapas se déclarer contre elle, au moins aussi longtempsque la peur présidera au cabinet de Vienne. Voilà engénéral les traits caractéristiques de sa position absolueet relative, vue de la manière la plus impartiale.