V
De l’autre côté, la Russie possède des forces im-menses et disponibles par la sécurité dans laquelle setrouvent ses propres frontières et son gouvernement in-térieur. Elle devient naturellement l’alliée de l’Angleterre,déjà en guerre contre l’ennemi commun. Elle peut atti-rer dans son système la Suède et le Daneinarc, maissi elle veut commencer le combat, il lui faut vaincre lesdifficultés de la position géographique et aller chercherson ennemi sur un théâtre éloigné du centre de sa puis-sance. Ces difficultés méritent la plus grande attention:mais elles ne paraissent nullement de nature à paraliserles efforts de la Russie et à l’empêcher de donner à sapolitique et aux démarches qu’elle vient de faire le ca-ractère de dignité et la conséquence convenable au rôledans lequel elle vient de s’annoncer. Cherchons doncà analyser les moyens qu’elle pourrait mettre en œuvre,à les combiner et à les porter au point d’importance etde force suffisante pour rencontrer l’ennemi avec la pro-babilité du succès.
Le premier pas vers la puissance fédérative est lavolonté bien déterminée et bien connue de faire la guerreà la France, et la ferme résolution de ne plus permettreaucune transaction entre son ennemi et les deux princi-pales puissances allemandes, sans se déclarer à mainarmée contre la première qui oserait abuser de sa tolé-rance. Cette résolution une fois connue d’une manièreindubitable à Vienne et à Berlin, si elle ne parvenait pasà opérer un changement subit et tel qu’on le désirerait,ne laissera pas cependant que d’éveiller l’attention deces deux cours et de leur dicter une conduite plus me-surée, chacune dans le sens qui leur est propre.
de Pnur.L, Opérations militaires. 15