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de batailles rangées qu’elle n’en a gagné, surtout lors-qu’elles étaient données sur un terrain qui permettait degrands mouvemens. Neerwinden, Wurtzbourg, Stokach,Mayence, Vérone, l’Adda, la Trebia en font foi. Fleurus,Rivoli et la fatale Marengo n’ont été perdues qu’à causede la confiance imprudente des généraux autrichiensqui se sont laissé arracher la victoire que leurs troupesvenaient de remporter d’une manière complète. Il seraitdifficile de calculer les conséquences d’une première dé-faite soufferte par les Français, avec la présence d’unearmée victorieuse sur la frontière des pays déjà las desupporter le joug honteux sous lequel ils gémissent.Buonaparte, humilié par des pertes, contenu sur terre,entièrement bloqué par mer, cessera de paraître invul-nérable aux yeux des Français ; ils verront que tant demalheurs sont dus à la violence et à la méchanceté deson caractère : la monstruosité de son existence politi-que se présentera sous toutes les formes tyranniques,et sera peut-être renversée par ceux mêmes qui lui sa-crifient aujourd’hui l’honneur et le repos de leur proprepatrie.
On pourrait opposer à ce plan une objection quiparaît décisive au premier coup d’œil ; c’est l'impossibi-lité de faire marcher l’armée Russe sans traverser le ter-ritoire prussien. Cette question, il est vrai, est de laplus grande importance ; qu’on l’éxamine sous le vraipoint de vue, et on en trouvera la solution dans la forcede la Russie, autorisée par l’exemple que nous fournitla conduite de la Prusse elle-même. Lorsque cette puis-sance a signé le traité de Basle, elle fut la première àtrahir le corps germanique, en se faisant promettre des