IX
Nord, sans donner de meilleures chances à l’arméeRusse et se faire de nouveaux ennemis.
Si les généraux alliés employent les talens que l’ondoit leur supposer, sans même exiger quelque chosede bien transcendant, ils auront l’avantage de combattresur un terrain extrêmement favorable au genre de dis-cipline et de bravoure qui appartient à leurs troupesrespectives. Le pays étant uni, l’infanterie aura la libertéde faire des marches et des évolutions en grand, et lesFrançais se trouveront privés de l’avantage qu’ils onttoujours lire des combats partiels et des affaires de postesur un terrain coupé et montagneux. Dès qu’on est enprésence, il faudrait marcher à eux dans un terrible si-lence, braver leur feu d’artillerie et s’approcher pourdécider l’affaire par la bayonnette. Malgré leur bravoureet leurs fanfaronades outrées, c’est un genre do combatdont il se vantent toujours et qu’ils n’ont presque jamaisosé mettre en usage. La solidité, le poids et la violenceirrésistible des masses ne sont point la partie brillantede leur discipline. Presque tous leurs succès sont dusà la vivacité de leurs attaques séparées, à leurs coursesdans les bois et les montagnes, aux affaires de postes,et enfin à la confusion dans laquelle ils ont souvent jetéles généraux autrichiens, dont la médiocrité s’est laissédérouter par ce nouveau mode de guerre qui n’auraitété que de la faiblesse, si on avait tenu ses forces bienréunies, prêtes à se secourir mutuellement, et à tombersur l’ennemi, lorsque les circonstances auraient permisde le faire à propos. En suivant l’histoire de la dernièreguerre, on verra que, malgré les résultats aussi émi-nemment favorables à la France, l’armée à perdu plus