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supérieur à leur forces. Déjà la guerre contre la Francejettera l’épouvante dans toute la haute noblesse ; qu’onait encore la Prusse à combattre, et le désespoir seraità son comble. En effet, toutes les frontières se trouve-raient exposées à la fois depuis Varsovie jusqu’à Vienne :quelque part qu’un malheur arrive (et il faut en atten-dre sur un si vaste théâtre) la guerre est de l’instantportée de ce côté sur le territoire autrichien. De là l’a-larme dans la province envahie ; chacune voudra sedéfendre, et l’ensemble des ressources et des opérationsse trouvera affaibli par tant de tiraillemens. Il paraîtdonc plus conforme aux règles de la prudence d’em-ployer tous les moyens des alliés simultanément contrela France qui est l’ennemi principal, de les multiplierautant qu’il sera possible pour rendre le succès infail-lible et de différer le grand jour de vengeance contrela Prusse, lorsqu’on aura vaincu les obstacles majeursque l’on se propose à combattre.
La seconde question roule sur la manière de fairela guerre à la France.
La raison, l’instinct même nous crient de commencerpar nous prémunir contre une surprise.
Si Buonaparte prévoit la possibilité d’une coalition,et qu’on n’ait pas pris des mesures d’avance pour con-tenir ses premiers efforts, il attaquera l’Autriche et dé-truira tous les projets des alliés dans le germe. Deuxchoses sont donc indispensables pendant le temps qu’ilfaudra employer pour s’entendre. Porter l’armée Russeet Anglaise dans la Méditerranée à 60,000 hommes etla tenir prête à passer en Italie au secours des Autri-chiens, soit qu’ils soient prévenus par l’ennemi, soit que
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