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valent que l’on a pu représenter d’ailleurs, quoique né-cessaire dans le cas supposé. En prenant donc cetteheureuse révolution dans le cabinet de Vienne commefaite, il se présente une première question à traiter :Convient-il aux alliés de déclarer la guerre à la Prusse,si elle persiste à ne vouloir pas accéder à la coalition ?
La cour de Berlin croit avoir tant gagné à son sy-stème de neutralité frauduleuse, qu’il ne faut pas se flat-ter qu’elle veuille en sortir autrement que par la violencedes circonstances et la crainte d’un danger plus grave.Or, si la Russie qui est l’ennemi quelle redoute le plus,envoit une armée considérable dans la haute Allemagneet en Italie, si elle a une grande partie de la guerre deFrance à soutenir, cette division des forces et la com-plication inévitable d’affaires aussi graves enhardira laPrusse à compter sur les embarras de ses voisins, et àpersister dans son système favori de neutralité.
Une attaque combinée avec l’Autriche dans le mo-ment, où les hostilités contre les Français auraient com-mencé, présente également des inconveniens redoutables.L’armée autrichienne ne saurait trop se partager sanss’affaiblir ; le secours de la Russie, l’avantage du nombremême, les efforts nouveaux que l’on suppose à son gou-vernement, suffiront à peine pour la mener avec con-fiance coutre un ennemi qui l’a souvent battue. Les hom-mes qui composent actuellement le conseil de l’empe-reur, ceux-mêmes que l’on pourrait leur substituer, se-ront toujours circonscrits dans les bornes de la plusstricte médiocrité. Les mettre dans la nécessité de par-tager leur attention, multiplier les difficultés èt les enne-mis, ce serait les exposer à succomber sous un poids si