DES BOUCHES A FEU. 9
racontent encore que les bouches à feu enfer forgé éclataientsouvent dans les tirs rapides.
Dans la suite plus le corps de l’artillerie devint instruit, plusles bouches à feu durent paraître défectueuses. D’un côtéon renonça aux forts calibres, ce qui facilita la fabrication ;mais de l’autre on exigea une plus grande exactitude et l’on in-troduisit les projectiles en fer coulé; on employa un plus grandnombre de pièces ; le tir fut plus précipté, d’où il résulta que lafabrication , déjà défectueuse et difficile , le devint davan-tage. Elle fut encore augmentée par l’introduction des tou-rillons. Mais attendu que le métal, mou de sa nature, laissaitbeaucoup d’incertitude dans le résultat des chaudes, dont l’ope-ration brûlait souvent le fer dans quelques-unes de ses parties ,on renonça dès le milieu du quinzième siècle à la fabricationdes canons en fer forgé, pour introduire celle des canons en fercoulé .Néanmoins, comptant sur les progrès nouveaux de la métal-lurgie, on yrevint dans les siècles postérieurs, espérant de vain-cre des difficultés que l’on avait regardées comme insurmonta-bles pendant les siècles précédens.
Ainsi dans les seizième et dix-septième siècle on entreprit de
nouveaux essais; mais d’aprèsunenouvelle méthode. On forgea les
canons massifs, ait moyen de maquettes, convenablementprépa-rées. Les archives de l’arsenal de Paris font mention d’un canonde 12 en fer pesant 1600 livres, fabriqué de celte manière enîyoo (1). O11 voit au musée de l’école d’artillerie de Strasbourgquatre pièces en fer forgé , qui pèsent 90 à 100 livres dont uneporte la date de 1601 ( 2 ).
(1) Bien avant cette année, sous Louis XIII, il y avait dans le faubourg Saint-Antomeil Paris, un habile ouvrier qui forgeait des canons, ( Mémoire publié par Keller en IC 04 ,page 70. )
2) tin 1^20, M. Etienne, attire très-distingué de Eyon , a public une notice sur les