DES BOUCHES A FEU.
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ploie un minerai particulier pour la fonte des bouches à feu.Mais des propriétaires d’usines très-expérimentés assurent lecontraire. On metune grande importance au mode de réfroidis-sement du métal dans le moule.
FRANCE.
En France, la marine et les batteries de côte sont seules ar-mées de bouches à feu en fer. S’il en existe dans quelques for-teresses, ce sont des pièces conquises sur l’ennemi.
Elles sont coulées dans les fonderies royales, par le moyeu dufour à réverbère et du charbon de bois. Les fonderies actuelle-ment en usage pour cet objet, sont celles de Nevers, Toulon ,Rocliefort, Brest, Ruelle et Indret (1).
Elles ne possèdent aucun liaut-fourneau, elles achètent etfont usage de fer en gueuses, dont elles consomment commu-nément io 5 ,ooo quintaux par an. En 1804, les fonderies deCreusot, de Ruelle, d’Indret, de Saint-Gervais et de Liège cou-lèrent des bouches à feu. Pendant la révolution , il y eut encored’autres fonderies en activité. Au Creusot, tant que l’on fonditle minerai avec du coke, on éprouva les plus grandes difficultésà obtenir des canons en état de résister. On dut alors se procu-rer d’autres fontes, celles de Franche-Comté, par exemple, aux-quelles on mêla moitié fonte du Creusot. La cause de ces diffi-cultés tenait en grande partie au coke que l’on employait, qui,faute d’être convenablement traité, contenait beaucoup de sou-fre, et peut-être aussi le minerai que le pays fournit, qui semblecontenir du phosphate, et qui, par conséquent, doit produiredu fer cassant à froid.
II a été plusieurs fois question, en France, de l’utilité et des
(1) Toulon , Rochefort et Brest n’ont point île fonderie mais seulement des arsenaux demarine. [Traducteur. J