44 FABRICATION ET DURÉE
en i 8 i 5 , où l’on ne se servit que de pièces en fer anglaises, uncanon de 24, chargé à 8 livres de poudre, éclata après avoirtiré i 5 o coups. Un de 12, chargé à 4 livres, en fit autant après45 o coups. Trois autres canons de ce calibre manifestaient desgerçures après 3 oo coups.
D’un autre côté, des canons semblables supportaient 2000coups, sans éprouver la moindre altération.
Vingt bouches à feu éprouvées avec une forte charge en Hol-lande, pour la Compagnie des Indes, résistèrent; mais commeon leur fit encore tirer quelques coups à boulet, dix-neuf écla-tèrent.
On connaît peu le procédé employé par les Anglais pour lafonte des bouches à feu. On nous a assuré qu’à Rotherham,on employait le fer de gueuse, sans aucun choix, ce qu’on peutrévoquer en doute. L’entrée de la fonderie de Carron est sévè-rement interdite à tout étranger, et lors même qu’il réussiraità y pénétrer, il ne pourrait rien voir que très-superficiellement.On y fatigue tellement les observateurs par une foule d’objetsqu’on leur fait voir en passant, qu’ils ne peuvent rien appro-fondir. Dans plusieurs fonderies anglaises, on a été encore à cetégard plus loin qu’à Carron. Au reste, pendant longtemps l’ony a montré une répugnance opiniâtre contre tout nouveau pro-cédé. Ce n’est que depuis peu que Ton commence à adopter,et encore avec mesure, ce qu’on avait déjà essayé. Mais l’onagit toujours avec le plus profond mystère.
Ce que nous avons pu apprendre en Angleterre sur la fontedes bouches à feu se réduit à ce qui suit : On a reconnu commeà Liège, ainsi qu’on le verra plus loin, que la partie la pluschaude du métal doit se trouver à la culasse. On emploie desmasseloltes très-élevées, et Ton a même essayé d’en augmenterl’action par des moyens mécaniques. L’on prétend que Ton an-