FABRICATION ET DURÉE
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et qu’il doit en entrer dans les petits calibres un peu moins quedans les gros (1).
Lorsque l’on change la proportion- d’étain le refroidissementde l’alliage étant le même , il s’opère un changement qu’il serafacile d’apprécier lorsque l’alliage sera examiné avec soin. Sil’on fond , par exemple, dix parties d’étain avec cent de cuivre,une partie du premier ne se combine pas toujours avec dixparties du dernier ; de même si l’on met l’étain dans laproportion de 10 pour 200 de cuivre, chacune de ces dixparties ne se combine pas avec 20 de ce dernier. Mais dansles deux alliages , l’étain entre dans les mêmes combinaisonschimiques avec le cuivre, et il s’amalgame ensuite mécanique-ment dans la masse du métal. Nous ne pourrons pas encore dé-cider s’il existe plusieurs de ces combinaisons, ou si la portionblanche dont nous avons parlé plus haut, se forme pour se di-viser en parties plus ou moins fines dans la masse de métal pur.
Nous admettrons le dernier cas comme le plus simple quoi-q’uil ne soit pas le plus vraisemblable : Dans ce cas , le métalde chaque bouche à feu serait un mélangemécanique de cuivremou, tenace , avec une masse de métal très-dur et cassant quicontiendrait 23 parties d’étain et 77 de cuivre. Les propriétésdu mélange seront à-peu-près une moyenne arithmétique entrecelles des parties constituantes. Par conséquent plus il y entrede cuivre pur, plus le métal a de cohésion, mais aussi plus il estmou, et vice versa. Plus la combinaison chimique entre en grandequantité moins il y a de cohérence , mais aussi plus il est dur.Si par exemple nous faisons un alliage de 8 d’étain avec 100 decuivre, l’étain s’empare de 27,7 parties de cuivre pour former lacombinaison chimique. Le métal à canon consiste donc sur
(1) Fages 7 et suivantes du rapport fait au ministre de la guerre, par le généra Marionen avril 1822. / Note du traducteur. )