TES BOUCHES * FEU.
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nommée (i). Chaque famille croyait son procédé meilleur;elle considérait l’art des fontes comme un héritage dont on nepouvait la priver. C’était un droit acquis qu’elles ne partagaientavec personne. Il y a quelques années encore elles faisaient unmystère des têtes de forêts qu’elles ne montraient qu’aux cu-rieux qui n’avaient aucune connaissance du métier. La raisondu secret que les fondeurs mettaient dans leurs opérations,prouve leur ignorance , car dans plusieurs pays l’on fut obligéde confier les établissemens à des officiers et ouvriers étrangersà cet art. On trouva qu’a près quelques essais infructueux, ilsréussissaient aussi bien que les maîtres fondeurs.
L’on a fait des essais multipliés pour connaître le meilleuralliage ; mais l’ignorance où l’on est encore des changemens quisurviennent dans le mélange des métaux pendant la fonte et lerefroidissement dans les moules ou par l’amalgame d’une cer-taine quantité d'autres métaux, dont nous avons parlé plus haut,n’a pas permis d’obtenir un résultat favorable. Il est certain,du moins, qu’ils influèrent sur l’alliage au point de présenter detrès-grandes différences avec ce que l’on avait calculé.
Dans la refonte des anciennes bouches à feu , la quantitéd’étain se trouve quelquefois réduite à 7 pour cent, sans que lacassure présente la moindre altération.
En général, il résulte de ces essais que l’on ne doit jamaismettre dans l’alliage moins deg ni plus de i3 pourcent d’étain,
(1) Avant la révolution française , il y avait en Piémont une famille de fondeurs decanons ( les sieurs Bianco ) , exclusivement chargée de la fonte des bouches <i feu et descloches. Elle faisait mystère de tout. Le grand-père, homme habile, consciencieux etdésintéressé, livra presque toujours d’excellentes pièces. Son fils, moins exercé et plusavide, ne fut pas toujours heureux. Il éprouva des rebuts nombreux. Les petits-GHfurent encore plus médiocres, et l’un d’eux perdit sa réputation à la fonderie de Milan,sous le royaume d’Italie. Eu général, ce n’étaient que des ouvriers ignorans, comme laplupart de ceux qui se disent possesseurs de secrets importans : ils étaient des charlatans.
( Noie du traducteur. )