SOUVENIRS DE DEUX ÉTÉS
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on peut avoir quelque peine à atteindre le som-met, car il faut alors tailler tous les pas. Si l’ontient l’extrême droite, à la peine peut s’ajouter ledanger, car les faux pas mènent loin sur le bordde l’arête.
Un jour que j’y conduisais deux Anglais fortpeu exercés, j’eus l’occasiôn de voir qu’il est utile,quoi qu’on en dise, d’être toujours muni d’une ha-che et d’une corde, dans une course de quelqueimportance. Si nous avions négligé cette précau-tion, qui coûte d’ailleurs fort peu, non-seulementnous n’eussions pas atteint la cime, mais il eût puarriver un malheur. Cette dernière pente est sou-vent pénible, mais on peut bien se donner quel-que peine quand il s’agit d’arriver à io 600 piedssans courir aucun danger.
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Plusieurs personnes ont déprécié la vue de laDent-du-Midi : j’ose affirmer que c’est pour n’enavoir pas pu jouir. Le séjour du sommet n’est pastoujours agréable; les vents semblent avoir faitde cette montagne le théâtre de leurs combats, etles nuages n’ont point de séjour plus favori que laspacieuse terrasse du glacier; aussi n’est-il pasfréquent de pouvoir passer là-haut une heure depleine et entière jouissance. Mais ceux qui ont pu,