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l’abord on y est exposé, et sous ce rapport le trajetdu premier jour, jusqu’à la cabane, est peut-être leplus dangereux. Nous y avons essuyé pour notre partune décharge de quelques quintaux ; par bonheur nouspûmes nous abriter à temps, mon guide en fut quittepour deux ou trois cailloux. Au-dessous de l’Epaule onpasse aussi dans un couloir où les pierres roulent àchaque instant. C’est une affaire de chance et de pré-sence d’esprit. Du reste, sur toute la face qui dominele Furggengletscher le même danger est plus ou moinsà craindre. Pendant notre séjour à la cabane, il ne sepassait guère dix minutes sans que nous entendissionsun roulement lointain ou rapproché.
Si l’on veut se donner un avant-goût de l’ascension,c’est l’affaire d’une journée, en partant de Zermatt .Montant par le Lac-Noir, on n’a qu’à suivre la longuearête qui va du Hœrnli à la base du Cervin : prome-nade facile, dans des sites d’un si grand caractèrequ’on ne la regrettera jamais. Outre une vue magni-fique et très rapprochée sur les énormes séracs duglacier du Cervin , on pourra voir de près les rochersde la pyramide.
A entendre les guides de Zermatt , c’est par l’arêtenord-est que s’effectue l’ascension ; il n’en est rien, aumoins pour la plus grande partie. Tandis que deZermatt j’avais étudié avec soin à la lunette toutes lesparties de l’arête, je me suis vu presque continuelle-ment engagé pendant l’ascension sur la face qui re-garde le Gornergletscher . Ce n’est qu’à l’Epaule qu’onprend l’arête pouf ne plus la quitter.
Cette face du Cervin est en réalité beaucoup moinseffrayante que ne le fait supposer sa rapidité. De prèscomme de loin elle est très raide, à la vérité, mais