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Souvenirs d'un alpiniste / par E. Javelle ; notice biograph. et littér. par Eugène Rambert
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LE CERVIN ET SES DIFFICULTÉS

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partout elle est coupée de gradins, sillonnée de vireset de couloirs qui en facilitent laccès. Les vires sontétroites, les couloirs rapides, les gradins faits pourdes jambes de géant; mais le rocher est presque par-tout solide et rarement glissant. Cest donc une grim-pée relativement facile et sans danger, si lon oublieles pierres ; mais longue, éternelle, et qui autre partquau Cervin pourrait sembler monotone. A la montée,elle se divise en deux étapes, puisquon couche à lacabane qui en marque à peu près le milieu ; mais à ladescente, quon fait dordinaire en un jour, elle estpour les jarrets une bien rude épreuve.

Jusquà lEpaule on peut cheminer sans le secoursde la corde, sauf en deux ou trois pas il est plusprudent de lemployer.

A mesure quon monte, la pente devient de plus enplus raide, et les saillies plus rares et plus étroites ;cependant, un peu avant lEpaule, elle sadoucit eton trouve de la neige. Suivant lépoque, ce dernierpoint peut offrir des dangers; la neige est ordinaire-ment mince et exposée au soleil.

LEpaule est à peu près la seule halte confortableet même possible entre la cabane et le sommet. Onimagine assez combien le site en doit être sauvage.Sauf les dômes neiges des cimes voisines, le regardne sy repose sur aucune forme douce ; tout y est rocsdéchirés, pentes glacées ou précipices. Cest quecommencent les véritables difficultés. Sur plus de deuxcents mètres larête se redresse en une suite descar-pements coupés en plusieurs endroits de parties ver-ticales; cest ce quon appelle les Rochers-Rouges.Vers le milieu ils deviennent impraticables, et lon estobligé de sengager sur la mauvaise pente qui aboutit