LE CERVIN ET SES DIFFICULTÉS
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partout elle est coupée de gradins, sillonnée de vireset de couloirs qui en facilitent l’accès. Les vires sontétroites, les couloirs rapides, les gradins faits pourdes jambes de géant; mais le rocher est presque par-tout solide et rarement glissant. C’est donc une grim-pée relativement facile et sans danger, si l’on oublieles pierres ; mais longue, éternelle, et qui autre partqu’au Cervin pourrait sembler monotone. A la montée,elle se divise en deux étapes, puisqu’on couche à lacabane qui en marque à peu près le milieu ; mais à ladescente, qu’on fait d’ordinaire en un jour, elle estpour les jarrets une bien rude épreuve.
Jusqu’à l’Epaule on peut cheminer sans le secoursde la corde, sauf en deux ou trois pas où il est plusprudent de l’employer.
A mesure qu’on monte, la pente devient de plus enplus raide, et les saillies plus rares et plus étroites ;cependant, un peu avant l’Epaule, elle s’adoucit eton trouve de la neige. Suivant l’époque, ce dernierpoint peut offrir des dangers; la neige est ordinaire-ment mince et exposée au soleil.
L’Epaule est à peu près la seule halte confortableet même possible entre la cabane et le sommet. Onimagine assez combien le site en doit être sauvage.Sauf les dômes neiges des cimes voisines, le regardne s’y repose sur aucune forme douce ; tout y est rocsdéchirés, pentes glacées ou précipices. C’est là quecommencent les véritables difficultés. Sur plus de deuxcents mètres l’arête se redresse en une suite d’escar-pements coupés en plusieurs endroits de parties ver-ticales; c’est ce qu’on appelle les Rochers-Rouges.Vers le milieu ils deviennent impraticables, et l’on estobligé de s’engager sur la mauvaise pente qui aboutit