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HUIT JOURS
s’enflent, la Navisance, surtout, gronde; tous lesruisseaux sont en fête; partout, jusque près desneiges, les cascatelles d’argent sillonnent lesroches noircies. Soudain, voici au fond du val laPointe qui, à son tour, se dégage, et laissant tom-ber de ses blanches épaules les derniers plis deson voile, apparaît tout entière éblouissante etcomme rajeunie dans sa fraîche pureté.
22 juillet.
Dieu soit loué, j’ai pu réaliser mon rêve; j’aifranchi le Moming-Pass, et me voici de retour sainet sauf. Non sans peine toutefois, car j’ai vu lemoment où le retour devenait un problème trèssérieux et d’une solution difficile.
Je ne vous raconterai point notre expédition ; jen’essaierai point, surtout, de vous décrire le mondemagnifique qu’elle m’a fait connaître ; nous avonsvu tant de neige et de glace qu’il me semble re-venir d’un voyage au pôle. Laissez-moi seulementvous dire ce qui l’a rendue un moment plus émou-vante que nous ne l’aurions souhaité.
Le Moming-Pass est un des cols les plus élevésdes Alpes . Il s’ouvre à 3798 mètres, sur une ver-tigineuse arête de glace, qui rattache le Rothhorn