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de ces grands intérêts. Dans un Mémoire qu'ilprésenta à l’Académie en 1666 et que l’Académie recommanda à Colbert , il proposa de mesurer,avec ses nouveaux instruments, une chaîne detriangles s’étendant sur la France entière, deDunkerque à Perpignan , en passant par Paris ,et de baser sur cette chaîne une triangulationgénérale de la France .
Pour donner l’exemple de ces grands travaux,il mesura lui-même, entre Paris et Amiens , uneportion de cette méridienne, et il en tira lapremière évaluation sérieuse du rayon de laTerre . A cette époque, les Anglais n’avaient, decette donnée essentielle pour la navigation,qu’une valeur bien grossière. Le mile dont seservaient leurs marins étaitde 1609“ au lieu de1852“ : c’était une erreur de f environ sur toutesles distances parcourues. Dieu sait combiend’insuccès et de naufrages sont imputables àcette erreur. Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’ellefaillit priver la Science de la découverte de l’at-traction universelle; car Newton, arrêté netpendant dix années par la fausse valeur du mile,a dû attendre le jour où, plein d’émotion, il eutsous les yeux les mesures de Picard et la vraiegrandeur du rayon terrestre.
Telles sont, en peu de mots, les origines dela Géodésie. Au siècle suivant, l’Académie, for-cée de se prononcer sur la figure tant contro-versée alors de la Terre , obtint du Gouverne-ment l’envoi de deux Commissions, l’une prèsde l’équateur au Pérou , l’autre près du pôle