k
Nord en Laponie , pour y mesurer, avec les in-struments et les méthodes de Picard, des arcsde méridien, tandis que Cassini et Lacaille ache-vaient la grande chaîne centrale de triangles quitraverse la France . Ces travaux mirent hors dedoute le fait capital que la Terre est sensible-ment aplatie aux pôles. C’était justement lafigure que la Terre avait dû prendre, dès l’ori-gine, sous l’influence de sa rotation journalière,si elle avait été primitivement liquide.
Dès lors, les astronomes étaient en droit deconclure que cette fluidité originaire, si singu-lièrement entrevue par les géomètres, avaitété ignée et qu’elle se rattachait au phéno-mène le plus général de l'univers, à savoir l’in-candescence des millions d’astres qui en peuplentl’étendue. La Terre et les planètes avaient dû,en effet, passer par cet état d’incandescence;car, si le refroidissement séculaire, bien plusrapide pour ces tout petits corps que pour lessoleils, en a fait disparaître l’apparence, nousen retrouvons pourtant des traces significa-tives dans leur aplatissement, si marqué pourJupiter et Saturne , dans l’accroissement de latempérature au sein des couches profondes denotre globe, et surtout dans nos volcans. Des cartes avait donc raison de dire que la Terre estun soleil éteint. Si ces notions, devenues fami-lières vers la fin du xvin* siècle aux géomètres,aux astronomes et aux géodésiens, avaient étéplus généralement comprises, la Géologie n’au-rait pas débuté, vers cette époque, par la fausse