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Voyage dans la Suisse française et le Chablais : les Lacs de Genève <Léman>, de Neuchâtel, de Bienne et de Morrat / par Alfred de Bougy ; opuscules posthumes de J.-J. Rousseau et lettres inédites de Madame de Warens
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d'enceinte et quelques-unes des tours rondes qui leflanquaient do distance en distance. Cos tours décrépitessont enchâssées dans des maisons particulières, et pourles bien voir, il faut grimper sur les hauteurs.

Evian senrichit par leau, comme Yvorn 6 par le vin.Ses sources alcalines-ferruginouses, belles, abondan-tes, salutaires, inatrissables , ont acquis une réputa-tion justement méritée. Leurs naïades sont courtiséespar une foule de vieux viveurs atteints de la gravelleou de la pierre, et par des femmes affectées dos pâlescouleurs. Lefficacité de ces eaux ne saurait être miseen doute , et la meilleure des sources, recueillie dansun honnête établissement thermal dapparence plusbourgeoise quaristocratique, opère chaque année biendes cures merveilleuses.

La ville, qui renferme deux mille âmes, tout auplus, compte six grands et bons hôtels, presque tou-jours pleins durant la belle saison. Les bourgeois, deleur côté, spéculent sur la vogue toujours croissantedos eaux et louent des chambres garnies. Ils se sontfaits logeurs, voire aubergistes. Quant au menupeuple, il a la passion de la contrebande et aimeà aller faire ses empiètes sur lautre rive, presque enface dEvian , à Lausanne , qui, vue dici, au delà deces trois lieues deau transparente, ressemble assez àune carrière de pierres.

« A Evian, je marrêtai quelque temps, dit unarchéologue bien connu (I), je ne pus voir que lescommis de la douane , attendu quils semparent detous les moments aussi bien que de tous les effets du

(1) llaoul-Roehetle, Lettres sur la Suisse .