— 203 —
d'enceinte et quelques-unes des tours rondes qui leflanquaient do distance en distance. Cos tours décrépitessont enchâssées dans des maisons particulières, et pourles bien voir, il faut grimper sur les hauteurs.
Evian s’enrichit par l’eau, comme Yvorn 6 par le vin.Ses sources alcalines-ferruginouses, belles, abondan-tes, salutaires, inatrissables , ont acquis une réputa-tion justement méritée. Leurs naïades sont courtiséespar une foule de vieux viveurs atteints de la gravelleou de la pierre, et par des femmes affectées dos pâlescouleurs. L’efficacité de ces eaux ne saurait être miseen doute , et la meilleure des sources, recueillie dansun honnête établissement thermal d’apparence plusbourgeoise qu’aristocratique, opère chaque année biendes cures merveilleuses.
La ville, qui renferme deux mille âmes, tout auplus, compte six grands et bons hôtels, presque tou-jours pleins durant la belle saison. Les bourgeois, deleur côté, spéculent sur la vogue toujours croissantedos eaux et louent des chambres garnies. Ils se sontfaits logeurs, voire aubergistes. Quant au menupeuple, il a la passion de la contrebande et aimeà aller faire ses empiètes sur l’autre rive, presque enface d’Evian , à Lausanne , qui, vue d’ici, au delà deces trois lieues d’eau transparente, ressemble assez àune carrière de pierres.
« A Evian, où je m’arrêtai quelque temps, dit unarchéologue bien connu (I), je ne pus voir que lescommis de la douane , attendu qu’ils s’emparent detous les moments aussi bien que de tous les effets du