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Bientôt je foulai de nouveau le sol de mes bonsamis les Vaudois, au gracieux village de Corcelle, etje suivis une rangée de saules bien feuillus, ombra-geant un ruisseau où clapote allègrement une eau dosource. Mon étape de ce jour était à Payerne (Pater-niacum), petite ville réputée pour sa charcuterie, etrenfermant une abbaye célèbre que sécularisa la Ré-formation.
Cet endroit s’annonce par un promenoir placé à ladroite de la route et fait d’une double rangée de grosplatanes se joignant pour former une voûte compacte.Une haie fort touffue et taillée relie entre eux les ar-bres, et ajoute à l’ombre, à la fraîcheur et au mystèrede cette allée de cinq ou six cents pas, où l’on a placédes bancs à dossier de distance en distance. La vieilleenceinte de Payerne se dessine par des logis en-gagés dans une espèce de rempart non terrassé, etqui ne résisterait pas au moindre boulet. Je passai de-vant l’hôpital, maison bien plus attrayante que repous-sante, et la grande rue centrale m’amena en droitureà l ’Hôtel de la reine Berthe, le plus apparent de laville, et dont l’enseigne figure tant bien que mal labonne souveraine de la Petite Bourgogne filant saquenouille tout en chevauchant sur une pacifique ha-quenée par monts et par vaux.
Il va sans dire que ma première visite fut pour latrès-noble et très-imposante nef abbatiale fondée parcette princesse, et qui domine toute la contrée. L’ai-guille déliée de sa tour à clochetons est revêtue dezinc brillant.
Les églises protestantes ne restent ouvertes aux fi-dèles que les dimanches ou les jours de fête. Je m’a-