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élevé auquel il dévouait sa vie, il fallait placer son établissementdans d’autres conditions et s’affranchir lui-même de celles qui re-mettaient sans cesse en question l’existence et le maintien de sonœuvre.
Dans cette pensée, il soumit au Gouvernement le plan d’unenouvelle organisation, d’après laquelle l’Etat serait devenu proprié-taire direct, et de la ferme-modèle et de l’institut d’enseignementagricole qu’on aurait transporté sur un domaine de quatre cents hec-tares, créé par le défrichement d’une égale étendue de forêts, dontl’Etat, qui en était possesseur, dans les environs de Roville, auraitaccordé la concession à M. de Dombasle.
Les dépenses d’appropriation nécessitées par ce plan nouveau seseraient élevées à une somme de 420,000 francs. M. de Dom-basle offrait d’en payer l’intérêt à 4 p. 0/0, sauf, à la fin du bail, àobtenir une portion dans la plus-value du domaine. Il ne demandaitpour lui ni allocation, ni émoluments. Il proposait seulement d’ad-joindre à l’école d’agriculture une école d’industrie rurale pour lesenfants trouvés, dont l’Etat ferait les frais.
L’administration accueillit ce projet et l’examina avec l’attentionque commandaient l’estime et la renommée qui commençaient às’attacher au nom de son auteur; elle en reconnut l’utilité et lesavantages , mais, l’intervention des Chambres devenant indispen-sable pour son exécution, elle crut devoir s’abstenir devant la crainted’un insuccès qui lui paraissait certain (1).
Ainsi tous les moyens dont M. de Dombasle comprenait la néces-sité, pour donner à son œuvre la stabilité et le développement quiétaient propres à en assurer les bienfaits, lui étaient refusés. Poursurcroît de contrariété, l’espoir qu’il avait eu de devenir propriétairede Roville s’évanouissait devant de nouveaux arrangements de fa-mille pris par le propriétaire de ce domaine. Il fallait donc continuerà lutter contre des difficultés d’autant plus insurmontables qu’elles
(1) Documents et pièces justificatives, n° 6.
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