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naissaient des conditions mêmes de sa position, et que rien ne pou-vait les changer. Cette situation, dont M. de Dombasle se rendaitparfaitement compte, eût découragé un caractère moins persévérantque le sien; pour lui, il ne se laissa ni abattre, ni vaincre. Il pour-suivit avec calme et fermeté une tâche devenue d’autant plus ingrateet d’autant plus difficile, qu’il n’apercevait plus pour son œuvre lesconditions d’étendue et de perpétuité qu’il voulait lui donner et dontl’espoir peut seul soutenir et animer le courage au milieu des obs-tacles et des travaux inhérents à la fondation de toutes les chosesgrandes et utiles.
Cependant, les difficultés qui naissaient des conditions défavo-rables dans lesquelles s’était placé M. de Dombasle allaient se com-pliquer, en 1828, d’un embarras bien autrement grave. L’époque duremboursement partiel des actions était arrivée. Les ressources surlesquelles M. de Dombasle avait compté pour ce remboursement luimanquaient complètement par suite de la baisse inattendue des eaux-de-vie, baisse qui, en frappant les produits de la distillerie d’unedépréciation considérable, transformait en perte réelle les béné-fices que ses prévisions lui avaient fait espérer.
Cette situation périlleuse tenait compromise l’existence de l’insti-tut. Les événements de i83o vinrent la compliquer de nouveauxembarras. Les troubles qui suivirent cette époque éloignèrent lesélèves et suspendirent la vente des instruments aratoires dont la fa-brication était, avec le produit des pensions, une des ressources de1’établissement.
Pour comble de malheur, une épizootie, qui décimait les bestiauxde la contrée, frappa les étables de la ferme, et détruisit en partieun troupeau de mérinos dont la valeur dépassait 20,000 francs.
Une crise était imminente. Enfin le Gouvernement, prenant enconsidération les services rendus par l’établissement de M. de Dom-basle, et ceux qu’il était appelé à rendre encore, se décidai lui veniren aide.
Le i4 février 1831, un secours de 3,000 francs fut accordé, et,