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bibliothèques rurales, des primes, des comices et des diverses socié-tés d’agriculture et d’horticulture, ils faisaient observer qu’une loiqui avait pour but de constituer en France l’instruction agricole nepouvait pas s’occuper de ces institutions, qui pourraient être et quiseraient en effet l’objet de mesures spéciales. Le moyen de faire enfinquelque chose pour l’agriculture, ajoutaient-ils, c’est de ne pas en-treprendre à la fois tout ce qu’il y a à faire pour elle, mais de com-mencer par les institutions quelle réclame avec le plus d’insistance etdont elle a le plus besoin.
D’ailleurs, faisait-on observer, les comices et les sociétés agrono-miques n’exercent pas partout sur l’agriculture l’heureuse influencequ’on pourrait en attendre. L’expérience révèle trop souvent que lepetit nombre d’agriculteurs qu’on y peut compter s’y trouvent per-dus quelquefois au milieu des hommes étrangers à l’agriculture quiy sont en majorité, il en résulte, le plus souvent, force discours,force articles de journaux, mais en réalité peu de travaux agricoles.
Quant au besoin de capitaux, il tient, d’une part, à ce que lescapitalistes n’ont ni le goût ni les connaissances nécessaires pour seconsacrer à la carrière agricole, et, de l’autre, à ce que l’ignoranceet la routine dans lesquelles restent les agriculteurs * les mettenthors d’état de diriger leurs exploitations avec intelligence, et de serendre compte, avec précision, de leurs résultats. Voilà la vraie causede la défiance des capitaux, malgré tous les gages de sécurité queleur donne l’agriculture; voilà ce qui les porte de préférence versl’industrie, parce que les chances, bien que plus dangereuses decette dernière, sont compensées, aux yeux des capitalistes par les lu-mières et l’expérience des industriels. Développer et répandre lesconnaissances agronomiques, mettre l’industrie agricole au niveaudes autres branches de l’industrie nationale, c’est là le meilleurmoyen d’appeler vers l’agriculture les intelligences et les capitauxqui s’en sont éloignés jusqu’ici. L’enseignement agricole, tel que leprojet l’établit, en attirant vers l’agriculture les pensées et les goûtsdes fils des capitalistes et des riches propriétaires, en éclairant sur leurs