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laquer de front. Partant de l’affirmation que la science agricole est debeaucoup en avance sur l’agriculture pratique et quelle pourrait endéfrayer les progrès encore pendant cinquante ans, même en restant sta-tionnaire, soutenant, d’un autre côté, que les agriculteurs de notre paysconduisent leurs exploitations et leur culture avec assez de perfectionpour que la science et ses professeurs aient plutôt besoin de venirs’instruire par leurs exemples, que les agriculteurs n’ont besoin eux-mêmes des leçons de la science, ils en concluaient que le projet deloi était inutile , et les frais occasionnés par l’organisation des écolesauxquelles il donnait naissance, de l’argent dépensé en pure perte.
Après cette condamnation générale, ils faisaient l’application dujugement aux écoles de chaque degré, demandant si les fermes-écoles apprendraient aux cultivateurs, mieux que la pratique, à la-bourer et à bêcher-, objectant que, puisque la ferme-école serait accor-dée à l’agriculteur dont l’exploitation est déjà la plus digne d’êtreproposée en exemple, il y avait duperie pour l’Etat à se mettre enfrais pour subventionner un établissement qui, sans le secours decette subvention, servait, dès à présent, de modèle, et auquel l’inter-vention de l’Etat deviendrait plus nuisible qu’utile; comparant en-suite le nombre des fermes-écoles et des élèves qui en sortiraientavec les besoins de notre agriculture, l’un reprochait à ces établis-sements de rester insuffisants et inefficaces faute de produire assezd’artisans agricoles habiles, eu égard à l’étendue de notre territoire;l’autre, au contraire, de créer à l’ordre public un immense embarrasen jetant, disait-il, sur le pavé un nombre d’artisans agricoles dis-proportionné avec les besoins de nos agriculteurs, et d’autant plusdéplacés qu’ils se trouveraient plus savants que les maîtres au servicedesquels ils pourraient entrer.
Lors donc, concluait-on, que vos élèves apprentis sortiraient devos fermes-écoles aussi instruits, aussi exercés qu’on peut le désirer,ce qui n’est pas à espérer, ils n’en seraient pas moins pour cela undanger par la difficulté de leur trouver un emploi utile à leur issuede ces écoles.