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naturellement destinées aux fils des propriétaires et des fermiers de larégion , et qu’ils retourneront dans leurs familles utiliser les connais-sances que leurs parents les ont envoyés puiser aux écoles, dans l’es-pérance d’obtenir d’eux un concours plus éclairé et plus utile. Quantau nombre assez restreint de ceux à qui leur mérite aura fait accorderdes bourses aux frais de l’Etat, les établissements des divers degrésde l’enseignement agricole leur ouvrent une carrière du ils trouverontdes emplois en harmonie avec leurs goûts et leurs connaissances.
Sans contester l’utilité des chaires d’agriculture du Conservatoiredes arts et métiers, du Jardin des Plantes, non plus que celles descours scientifiques des facultés, il est difficile de croire, avec lesadversaires de l’institut agronomique, qu’elles suffisent aux besoinset aux nécessités des progrès agricoles et qu’elles rendent superflul’institut de Versailles. S’ils se délient de la tendance trop scienti-fique, trop théorique, selon eux, des leçons données dans l’Institutagronomique, en présence de tous les faits de culture que les leçonsauront pour objet, comment cessent-ils d’éprouver les mêmes scru-pules pour des cours renfermés entre les murs d’un laboratoire, aucentre d’une grande cité, loin cle toute exploitation agricole, detoute démonstration pratique. Si le danger des théories et desutopies est à craindre, n’est-ce pas là qu’il faut le redouter?
Et, d’ailleurs, est-ce de quelques cours isolés, sans liens et sansrapport entre eux, qu’on peut attendre une instruction agricole com-plète , telle quelle est nécessaire, afin de mettre en garde les agri-culteurs amis du progrès contre des déceptions dangereuses. Pourdéterminer des familles à envoyer leurs enfants se livrer à des étudesagricoles,il faut leur offrir un système d’enseignement complet, ré-gulier, successif, et non quelques lambeaux d’instruction.
On perd de vue que l’institut agronomique doit répondre à undouble but : le premier, de provoquer le progrès de la science agricole,d abord en appelant à elle les travaux et les efforts d’une élite de savantsexclusivement voués à fapplication de l’agriculture, de la branchedes sciences où chacun d’eux excelle, et placés dans les conditions
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