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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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des animaux domestiques, expliquent et motivent l’existence simul-tanée de deux chaires de zoologie et de zootechnie. Les vœux del'Assemblée nationale à cet égard avaient été si formels, les intentionsdu comité chargé de l’examen de la loi si explicitement formuléesdans son rapport (i), le texte de l’article 18 du décret qui annexe àl’institut agronomique l’établissement déjà fondé à Versailles pourl’élevage des types régénérateurs, indique si manifestement la direc-tion à donner à l’institut agronomique sur cette question, que c’eûtété méconnaître l’esprit du décret, les intentions du législateur etsurtout la situation du pays, que de ne pas donner à l’enseignementzoolechnique une importance et une place spéciales.

(I) Pour bien répondre aux besoins de la France, cet établissement doit, par des expériencesbien suivies et sagement conduites sur la production végétale, et surtout sur la production animale ,éclaircir les doutes de l’industrie agricole sur les différents problèmes quelle étudie. La première,nous dira-t-on peut-être, a acquis, pour certains végétaux, u^degré de perfection assez satisfai-sant; il sera probablement difficile de mieux cultiver qu’on ne l’a fait dans certaines parties de laFrance, la vigne, les plantes textiles et oléagineuses, les plantes sarclées, les céréales. L’Institutdans ce cas, ne pourra que vulgariser ou tâcher de perfectionner les bonnes méthodes déjà con-nues. Mais, l’expérience nous l’a prouvé, nous ignorons trop, en France, les ressources de laproduction animale et celles de son amélioration. Que savons-nous sur l’élevage raisonné des ani-maux domestiques, cette branche si importante de notre richesse nationale? Quelles sont lesrègles que nous avons pour nous diriger dans la production de la viande et des locomotives ani-mées dont l’emploi exerce une influence si grande dans nos relations commerciales, sur la forcede l'armée et la puissance de la République? Savons-nous mieux produire le cheval de guerre au-jourd’hui, par exemple, qu’il y a cent ans? Avons-nous, pour nous éclairer, des travaux, des ou-vrages où les éleveurs puissent puiser de bonnes leçons? Non! il n’en existe pas un seul, lorsquetoutes les autres industries en ont de si précieux. Cela tient à ce que la France n’a jamais encou-ragé d’une manière judicieuse la science des animaux, et qu’elle ne l’a pas seulement recher-chée.

LInstitut national agronomique doit surtout éclairer l’agriculture française et l’administrationsur la question mal comprise de la production animale. Non-seulement il doit étudier à fond etappliquer toutes les ressources que les sciences naturelles offrent au perfectionnement des racesque nous possédons déjà, mais il doit travailler à résoudre le problème de l’acclimatation et de ladomestication d’autres animaux que nous n’avons pas encore, et qui peuvent cependant offrir desressources énormes pour nos subsistances. La science n’a pas dit son dernier mot, tant s’en faut,sur tant d’espèces végétales et animales que le créateur a mises à la disposition de l’homme, c’està lui de les approprier à ses besoins par l’étude et les expériences qu’il peut faire sur leur mul-tiplication. Nous n’examinons pas les diverses espèces de mammifères et d’oiseaux qui sont aujour-d’hui domestiques dans certaines parties du globe dont les conditions climatériques ont la plusgrande analogie avec celles de la France; cependant, elles ne nous sont connues que comme