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Ses services ne se bornent pas ià. En conviant, aux cours de Ver-sailles, par l’attrait d’an enseignement confié aux plus habiles pro-fesseurs, et dont les applications à la pratique agricole sur le domainedes fermes offrent une instruction aussi intéressante que variée, enconviant, à ces cours les fils des grands propriétaires du sol, illeur inspire le goût, il les forme aux habitudes des occupationsrurales, et comme il leur facilite en même temps les moyens des’y livrer, en les mettant en contact journalier avec des chefs depratique dont ils peuvent faire au besoin les régisseurs de leursdomaines, il tourne vers l’agriculture les vocations des hommesqui peuvent être le plus utiles à ses progrès; il appelle vers elle lesintelligences et les capitaux qui, en lui faisant faute jusqu’à ce jourdans notre pays, ont constitué, en réalité, le plus grand obstacle quise soit opposé à sa prospérité et à son développement. Enfin, par l’é-tablissement même de ces grandes exploitations d’une agricultureperfectionnée qu’il encourage et fait naître, il ouvre une carrière auxélèves des fermes-écoles et des écoles régionales, dont les servicesresteraient méconnus si l’agriculture devait rester elle-même négligéeet stationnaire.
D’autres conséquences, non moins favorables, découleront de cesystème pour l’économie politique et l’ordre social.
Ramener les intelligences, les bras et les capitaux vers l’agriculture,c’est rétablir la proportion entre la production agricole et la produc-tion industrielle, c’est fournir un élément de solution au plus difficile,au plus redoutable problème de la société moderne.
Retenir dans les champs les populations rurales, rattacher à leursdomaines et aux occupations agricoles les propriétaires du sol, c’estles rendre à leur carrière la plus profitable et la plus utile; c’estdéblayer les carrières industrielles, administratives et libérales de lafoule chaque jour grossissante qui les encombre; c’est concourir parle moyen le plus efficace au retour et à la stabilité de l’ordre social etde la tranquillité publique.