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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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Les frais d’enseignement sont d’ailleurs seuls à la charge de l’État, quipourra plus tard appliquer à cette dépense des centimes généraux qui,dans notre pensée, payés par tous et réunis en fonds commun, seraientrépartis par le corps législatif entre les différents départements; les con-trées riches viendraient ainsi en aide aux régions pauvres; l’inégalité, actuel-lement si blessante, des charges publiques, disparaîtrait pour faire place àun véritable régime de solidarité et de fraternité.

Le directeur administre, à ses risques et périls, le domaine dont il estgénéralement propriétaire ou fermier. Subventionner la culture, ce seraitenlever à la ferme-école son véritable caractère; c’est-à-dire celui d’une ex-ploitation qui, dans un lieu donné, tire de ses propres ressources le partile plus avantageux, et offre ainsi aux élèves quelle forme, et aux cultiva-teurs qui l’entourent, l’exemple d’une culture véritablement modèle, encela qu’appropriée aux circonstances locales et n’ayant pas de ressourcesqui ne lui soient propres, elle se prête plus facilement à l’imitation.

La ferme-école entretient un certain nombre d’élèves ou apprentis deseize ( 1 ) à dix-huit ans, fils de cultivateurs ou de manouvriers, et destinésà devenir eux-mêmes de petits fermiers ou métayers, ou de bons agents dela culture; ce nombre varie dans la limite de vingt-quatre à trente-six, sui-vant l’importance et la nature de l’exploitation ; de telle sorte que chaqueélève puisse y trouver des éléments certains d’instruction pratique, et d’untravail sérieux profitable à l'exploitant. Les apprentis exécutent d’ailleurs,pendant leur séjour à l’établissement, tous les travaux de l’exploitation,comme le feraient des ouvriers recevant un salaire; ainsi, ils ne perdentpas de vue leur position ancienne, et celle qu’ils doivent reprendre enquittant la ferme-école.

L’enseignement pratique des apprentis est complété par des explications

(1) Nous aurions voulu prendre les apprentis au sortir même de l’école primaire, de douzeà treize ans; ils seraient sans doute alors plus facilement soumis à des travaux encore inconnuspour eux, et à une discipline nouvelle; mais l’expérience acquise, et de graves motifs, nous ontlait adopter le minimum de seize ans. En effet, lorsque l’élève sort trop jeune de la ferme, sondéfaut d’âge l’empêche de se placer convenablement ou d’exercer dans sa famille une influencenécessaire; il est aussi trop éloigné du moment où il peut s’établir pour son propre compte ; puis,d’un autre côté, il ne produirait pas à la ferme-école un travail suffisamment utile pour le direc-teur, ce qui nécessiterait l’augmentation de la pension, et aussi il ne pourrait passer par toutes lesopérations les plus difficiles du travail agricole, labours, semailles, etc.

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