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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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Le voisinage de Paris est donc indispensable, et nous vous proposeronsde choisir, pour établir le haut Institut, les environs de Versailles, qui,au moyen de la voie rapide de communication qui la relie à la capitale,n’est plus qu’une annexe de celle-ci; de Versailles, réunion unique et déjàréalisée de tout ce qui doit constituer l’enseignement agronomique le pluscomplet. Nous n’entrerons pas dans tous les détails, mais nous citeronsquelques exemples des ressources que trouvera l’Institut dans cette localité.

Le potager dit du Roi, enceinte de plus de neuf hectares, qui renfermeun peuplement régulier d’arbres fruitiers en plein vent ou en espaliers,présente une grande variété d’espèces, de systèmes de taille, etc., ainsiqu’un mobilier de serres et de bâches garnies de plantes. Cet établisse-ment, unique en Europe, est éminemment propre à devenir la plus fécondeécole d’horticulture, complément nécessaire de l’enseignement du jardinagedans les fermes-écoles et les écoles régionales. Les pépinières de Trianonet de Saint-Antoine s’étendent sur trente hectares, et sont riches en sujetsde toute espèce : des pièces d’eau, des parties de bois variées et suscep-tibles de différents traitements, un haras de race chevaline, contenant ence genre des individus remarquables; enfin, et surtout, dans le parc même,des exploitations rurales de la plus grande importance, et sur l’une des-quelles serait placée une école pratique ou ferme-école, poussant, jusqu’àses dernières limites, l’étude de la science agricole.

Mais, pour satisfaire à la condition d’être le complément de l’instructionagricole, il faut que rien ne soif refusé à l’Institut national agronomique,aussi bien au point de vue théorique qu'au point de vue pratique ; il de-vrait réunir, outre une exploitation rurale étendue, les jardins et pépinièresque réclame l’horticulture, les forêts nécessaires aux études sylvicoles, uneécole d’irrigation qui manque complètement en France, et enfin, des ani-maux domestiques de toutes les espèces, soumis à des essais d’améliorationet de perfectionnement. A côté de cela, des expériences seraient faitessur l’introduction et l’acclimatation, dans nos contrées, de nouvellesespèces végétales ou animales étrangères à notre sol et à notre climat.Ces essais seraient poursuivis au double point de vue de la science etde l’économie.

Or, nous l’avons vu, Versailles nous présente, presque sans frais, lethéâtre presque complet de cette vaste institution; tout ce qui lui est né-cessaire appartient à l’État. Les dépenses de premier établissement seraient