— 348
création le terrain et le matériel le plus complet qui soit au monde, dansles propriétés nationales des environs de Versailles. Là sont de vastes do-maines avec tous les bâtiments nécessaires à leur exploitation, des jardinspotagers, des collections d’arbres de toute essence, des bois, des pépinières,des haras, des parcs, des plantations d’arbres fruitiers de toute nature etdéjà dans un état de prospérité désirable.
Les dépenses énormes faites par Louis XIV pour la construction de sessomptueux palais et de leurs accessoires cesseront d’être improductives.Ce qui y fut créé pour les plaisirs des rois et de leurs favoris sera utilementemployé à une instruction qui tournera directement au bénéfice dupeuple.
Versailles offre donc toutes les ressources matérielles convenables pour lacréation de l’Institut national agronomique proposé par le ministre. Pourbien répondre aux besoins de la France, cet établissement doit, par desexpériences bien suivies et sagement conduites sur la production végétale,et surtout sur la production animale, éclaircir les doutes de l’industrieagricole sur les différents problèmes quelle étudie. La première, nousdira-t-on peut-être, a acquis, pour certains végétaux, un degré de perfec-tion assez satisfaisant; il sera probablement difficile de mieux cultiver qu’onne l’a fait dans certaines contrées de la France la vigne, les plantes textiles etoléagineuses, les plantes sarclées, les céréales; l’institut, dans ce cas, nepourra que vulgariser ou tâcher de perfectionner les bonnes méthodes déjàconnues. Mais, l’expérience nous l’a prouvé, nous ignorons trop en Franceles ressources de la production animale et celles de son amélioration. Quesavons-nous sur l’élevage raisonné des animaux domestiques, cette branchesi importante de notre richesse nationale? Quelles sont les règles que nousavons pour nous diriger dans la production de la viande et des locomotivesanimées dont l’emploi exerce une influence si grande sur nos relationscommerciales, sur la force de l’armée et la puissance de la République?Savons-nous mieux produire le cheval de guerre aujourd’hui, par exemple ,qu’il y a cent ans? Avons-nous fait des études sérieuses, des expériencesconcluantes? Avons-nous pour nous éclairer des travaux, des ouvrages oùles éleveurs puissent puiser de bonnes leçons? Non! il h’en existe pas unseul, lorsque toutes les autres industries en ont de si précieux. Cela tientà ce que la France n’a jamais encouragé d’une manière judicieuse la science