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ne peuvent être résolues que par des études comparatives et pratiques,toujours plus ou moins dispendieuses en agriculture. On ne doit pas mar-chander avec la science; si on le fait, on l'étouffe, et ce n’est pas le but nil'intention du Gouvernement de la République.
Des élèves sortant des écoles régionales pourront être placés dans lesfermes-écoles, comme stagiaires, aux frais de l’Etat. Us se pénétrerontainsi de la pratique de l’agriculture de ces établissements, et se rendrontpropres à bien les diriger eux-mêmes, plus tard.
De l’institut national agronomique.
La fondation de l’institut national agronomique près Paris est une grandepensée qui date de notre première révolution. La République française,commenous avons eu déjà occasion de le faire observer, savait qu’il ne suffi-sait pas de vaincre d’abord ses ennemis, qu’il fallait créer dans son sein desfoyers d’instruction supérieure pour développer le génie, l’intelligence deses populations. Le salut de la France, comme celui de ses nouveaux prin-cipes politiques, était à ce prix. C’est à cette époque que furent fondéesces écoles célèbres qui font aujourd’hui l’orgueil de la France, et qui ontconcouru d’une manière si active à sa prospérité et à sa puissance.
François de Neufchâteau proposa la fondation d’un 'grand établissementd’instruction agricole au voisinage de Paris. Il désirait que les savantsfissent dans cette grande école, non-seulement des cours, mais - encoretoutes les expériences qui pouvaient éclairer d’une manière si fructueuse lascience de la production végétale et animale. Il voulait enfin que l’État fit,pour cette branche si importante des connaissances humaines, ce qu’ilavait fait pour l’art militaire, pour l’industrie manufacturière, pour lesponts et chaussées, pour toutes les carrières enfin. Mais l’idée de ce grandagronome ne put malheureusement pas être mise à exécution. Cependantune vérité aussi importante ne pouvait manquer de se reproduire tôt outard; elle fut renouvelée de loin en loin, et le conseil général de l’agricul-ture, qui nomma pour son vice-président le citoyen Tourret, aujourd’huiministre de l’agriculture, déclara, par un vote, que la réalisation duprojet de François de Neufchâteau était commandée par la nécessité. Ledécret du ministre propose cette fondation, qui sera l’école normale supé-rieure de l’agriculture de la France. La République possède pour cette
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