Buch 
Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
Entstehung
Seite
347
JPEG-Download
 

347

ne peuvent être résolues que par des études comparatives et pratiques,toujours plus ou moins dispendieuses en agriculture. On ne doit pas mar-chander avec la science; si on le fait, on l'étouffe, et ce nest pas le but nil'intention du Gouvernement de la République.

Des élèves sortant des écoles régionales pourront être placés dans lesfermes-écoles, comme stagiaires, aux frais de lEtat. Us se pénétrerontainsi de la pratique de lagriculture de ces établissements, et se rendrontpropres à bien les diriger eux-mêmes, plus tard.

De linstitut national agronomique.

La fondation de linstitut national agronomique près Paris est une grandepensée qui date de notre première révolution. La République française,commenous avons eu déjà occasion de le faire observer, savait quil ne suffi-sait pas de vaincre dabord ses ennemis, quil fallait créer dans son sein desfoyers dinstruction supérieure pour développer le génie, lintelligence deses populations. Le salut de la France, comme celui de ses nouveaux prin-cipes politiques, était à ce prix. Cest à cette époque que furent fondéesces écoles célèbres qui font aujourdhui lorgueil de la France, et qui ontconcouru dune manière si active à sa prospérité et à sa puissance.

François de Neufchâteau proposa la fondation dun 'grand établissementdinstruction agricole au voisinage de Paris. Il désirait que les savantsfissent dans cette grande école, non-seulement des cours, mais - encoretoutes les expériences qui pouvaient éclairer dune manière si fructueuse lascience de la production végétale et animale. Il voulait enfin que lÉtat fit,pour cette branche si importante des connaissances humaines, ce quilavait fait pour lart militaire, pour lindustrie manufacturière, pour lesponts et chaussées, pour toutes les carrières enfin. Mais lidée de ce grandagronome ne put malheureusement pas être mise à exécution. Cependantune vérité aussi importante ne pouvait manquer de se reproduire tôt outard; elle fut renouvelée de loin en loin, et le conseil général de lagricul-ture, qui nomma pour son vice-président le citoyen Tourret, aujourdhuiministre de lagriculture, déclara, par un vote, que la réalisation duprojet de François de Neufchâteau était commandée par la nécessité. Ledécret du ministre propose cette fondation, qui sera lécole normale supé-rieure de lagriculture de la France. La République possède pour cette

44 .