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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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et animal lorsquils seront bien étudiés sous le rapport économique (1)? Leministre na pas négligé de signaler ce fait, en disant que des expériencesseraient faites sur lintroduction et lacclimatation dans nos contrées de nou-velles espèces végétales ou animales étrangères à notre sol et à notre climat,et que ces essais seraient poursuivis au double point de vue de la science et de lé-conomie.

Versailles offre, comme le dit le ministre, et sans frais de constructiondétablissements qui existent déjà, toutes les ressources désirables pour cesdiverses études ; mais nous devons ajouter que, pour lacclimatation des vé-gétaux comme des animaux des pays chauds (et ce sont ceux qui nous enfournirons le plus), il serait utile plus tard davoir une succursale, que lonpourrait annexer, sans beaucoup de frais, à une des écoles régionales descôtes de la Méditerranée. Un changement tron brusque de la température

(1) Nous ne pouvons pas nous empêcher ici de faire une réflexion qui nous a toujours occupépendant tout te temps de notre vie, passée à étudier les sciences naturelles dans leurs rapportsavec lagriculture. Les naturalistes français, considérés à juste titre comme les plus célèbres dumonde, ont étudié dans les trois règnes de la nature tout ce quil a été possible de se procurer; ilsont fait les recherches microscopiques les plus ingénieuses sur tous les tissus végétaux et animaux,sur les minéraux; ils poussent leur amour de la science jusquà rechercher la disposition des or-ganes de la vie des animalcules qui sont, dans les profondeurs de la mer et dans lhumidité delatmosphère, la décomposition des corps organisés; ils vous diront comment ils digèrent, com-ment ils respirent, comment ils se reproduisent; ils vous décriront jusquà leurs mœurs, leurs ha-bitudes; ils les ont classés chacun à leur place dans léchelle zoologique. Tous ces travaux, toi^les dessins qui les reproduisent provoquent notre admiration, et ils nont rien fait pour nousenseigner lart de perfectionner nos races danimaux domestiques. A lexception de Buflon, deDaubenton et dIsidore Geoffroy-Saint-Ililaire, qui soccupe en ce moment avec un louable zèledacclimatation et de domestication danimaux dont notre agriculture peut senrichir, nous neconnaissons pas de naturaliste qui se soit occupé avec fruit de lapplication de sa belle scienceà laugmentation des produits du sol. Ces savants du premier ordre aiment mieux sélever dansles hauteurs de la science spéculative , et y rester, que de sattacher à faire prospérer lagriculture,qui pourrait devoir à leurs travaux les plus belles découvertes. Elle doit cependant à Parmentierla rapidité avec laquelle la pomme de terre sest répandue, et à Daubenton et Gilbert la multipli-cation du mérinos en France. Ces exemples nauraient-ils pas leur suffire pour attirer leurattention sur un sujet aussi grave? Les chimistes, les physiciens, les mathématiciens ont agi biendifféremment: sans négliger leurs savantes recherches, ils ont doté les arts, lindustrie, des pro-cédés de fabrication, des machines, des combinaisons qui ont fait et leur gloire et leur fortune.Les naturalistes auraient aussi fait la gloire et la fortune de lagriculture sils avaient, dans leurspécialité, imité leurs collègues. Mais il faut espérer que lorganisation de lenseignement agricoleproposé par le ministre, et surtout linstitut national agronomique, remédieront à cet oubli dessciences naturelles.