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de l'Asie ou de l’Afrique, par exemple, pourrait compromettre la réussiteassurée de certaines espèces végétales ou animales très-aptes à se multiplierplus tard, même dans nos contrées du Nord. Il faudra donc opérer gra-duellement sur elles.
Mais les règnes organiques de la nature ne seraient pas les seuls dontl’institut national agronomique devrait s’occuper. Il est un autre point surlequel la science a encore fait peu de chose : nous voulons parler des engraisou amendements. La chimie spéculative et expérimentale devra diriger sestravaux vers cette source féconde pour l’agriculture comme pour elle. Pou-vons-nous savoir, si, par de savantes et persévérantes recherches, nous netrouverons pas des môyens simples et économiques d’engraisser et d’amendernos terres? Malgré les précieux travaux des chimistes français et alle-mands , l’agriculture pratique peut dire que tout est encore à faire sur cettequestion si grave pour elle, et c’est à l’institut national agronomique quelledevra être étudiée sans relâche, au laboratoire et aux champs en mêmetemps.
Votre comité pense, citoyens Représentants, que la fondation de l’institutnational agronomique, dont vous avez compris la nécessité, comme tousles amis du progrès, est appelée à faire opérer une véritable révolutiondans les sciences appliquées à l’agriculture. Nous sommes d’autant plusfondés à le croire, qu’il a été démontré que toutes les industries qui ont euun enseignement professionnel supérieur ont progressé dans des proportionsincalculables dans un temps très-court, comparées à ce quelles avaient étéavant le secours du savoir. L’enseignement supérieur de l’Institut procu-rerait bientôt à l’agriculture française de hautes intelligences par leur modede recrutement. Vous avez vu, en effet, que l’enfant de la ferme-école,comme l’élève de l’école régionale, y seront appelés aux frais de l’Etat,lorsqu’ils auront fait preuve de capacité, et que de vastes capacités sontperdues, enfouies dans nos communes rurales, faute de moyens propres àles découvrir! La ferme-école en est un assuré, et nous pouvons prévoir quel’agriculture française aura plus tard ses hommes célèbres, comme les ma-thématiques, les sciences physiques, anatomiques, chimiques, naturelles,astronomiques, eurent leurs Archimède, leurs Newton, leurs Laplace, leursLavoisier, leurs Bichat, leurs Cuvier.
Le personnel d’enseignement et d’administration de l’institut nationalagronomique sera composé d’un directeur, d’un sous-directeur professeur,