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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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femmes ont une mission très-importante à remplir dans nos exploitationsrurales, ne loublions pas. Ignorantes, elles ne peuvent que seconder fortmal des hommes intelligents, quand elles nentravent pas leur marche; etpuis, il ne saurait y avoir entre eux de sympathies durables. Ces femmes,au contraire, ont-elles reçu dans les pensionnats des villes une éducationplus sérieuse, elles croient se ravaler en prenant la direction dun intérieurdexploitation, ou bien, si elles acceptent à regret cette direction, cest lepins souvent pour en compromettre lavenir.

Il serait donc urgent, à notre avis, de créer sans retard quelques écolesprofessionnelles pour les jeunes filles des campagnes. Tant quil nen serapas ainsi, elles séloigneront des champs, tandis que les jeunes hommesdintelligence tendront à y revenir. Or, signaler ces tendances qui se pro-duisent et se produiront en sens inverse, cest en indiquer implicitementles fâcheuses conséquences.

Je désirerais aussi que lon exigeât des élèves diplômés de nos écolesnormales primaires une année de stage dans les écoles régionales. Enmême temps quils y puiseraient des connaissances désormais indispen-sables à leur profession , on pourrait les charger de lenseignement des ma-thématiques, de la géométrie, de larpentage, du cubage, etc.

Le projet denseignement professionnel qui nous occupe nest pas, je lesais, à labri de certaines critiques plus ou moins fondées en apparence;mais la plupart de ces critiques tombent en présence des circonstancesau milieu desquelles le projet en question a été conçu. Lindustrie agricoleest dans lenfance, lempirisme la domine, les livres élémentaires nousmanquent, les professeurs nous manquent également; et certes, dans untel état de choses; lorganisation de lenseignement ne saurait répondre àtoutes les exigences, mais on ne doit raisonnablement ni rapetisser ni tropélargir le cadre qui nous est tracé. Du moment le pouvoir ouvi'e àlintelligence une carrière nouvelle, les hommes spéciaux ne se feront pasattendre longtemps.

Quelques-uns de nos collègues seraient davis, nous assure-t-on, quonlaissât les écoles régionales à la charge des particuliers. Nous comprenonsquil en soit ainsi pour les fermes-écoles, cest-à-dire pour lenseignementpratique, mais pour lenseignement du second degré, cela ne peut être.Dans ce cas-ci on ne doit point sattendre à bénéficier; on doit sattendre,au contraire, à des sacrifices. Il sagit détudes expérimentales; des parti-

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