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cnliers auraient intérêt à les restreindre le plus possible au préjudice del’enseignement; l’État seul peut et doit s’en charger. Et puis, il est à re-marquer que les instituts dont la direction est le fait de particuliers n’offrentpas toutes les garanties nécessaires. Celui de Roville est tombé avec lecélèbre Mathieu de Dombasle; celui de Grand-Jouan ne survivrait pas àM. Rieffel ; celui de Grignon, enfin, dépend d’actionnaires qui, en se re-tirant, pourraient causer sa ruine. Avec le projet qui vous est soumis, ceséventualités ne sont pas à craindre.
On a fait au projet du Gouvernement le reproche de débuter dans l’en-seignement par la pratique et de finir par la théorie. On a dit que ce modeétait contraire au bon sens le plus vulgaire, et que l’on devrait envoyer lesjeunes gens dans des écoles préparatoires d’abord, et dans les institutsagronomiques ensuite. Je ne suis pas de cet avis. En fait d’agriculture, lesconnaissances pratiques sont une sauvegarde contre les théories aventu-reuses, et une garantie de succès pour les études scientifiques. C’est par lapratique qu’il faut commencer ; les sciences appliquées, qui ont pour butd’éclairer cette pratique, viennent naturellement après, et sont plus acces-sibles à l’intelligence des élèves. Commencez au contraire, par la théorie ,c’est-à-dire par les écoles préparatoires, et vous aurez toutes les peines dumonde à vous faire comprendre, et vous n’aurez pas moins de peine àconvertir vos demi-savants en bons praticiens.
A ce point de vue donc, les dispositions générales du projet primitifet du projet amendé me paraissent excellentes.
Avec les fermes-écoles, on formera des praticiens capables.
Avec les écoles régionales, on expliquera scientifiquement les obser-vations de la pratique, et on formera ainsi des agronomes habiles, deshommes d’initiative.
Avec l’institut agronomique, enfin, on aura une direction indispensable,on formera des professeurs et on se livrera à ces études spéculatives, har-dies , qui s’égarent de temps en temps, il est vrai, mais qui, de temps entemps aussi, nous lèguent d’admirables découvertes.
Le citoyen Président. La parole est au citoyen Dezeimeris.
Le citoyen Dezeimeris. Je ne puis me dispenser de faire remarquer àl’Assemblée qu’il est fâcheux que la discussion d’une question aussi graveque celle qui est soumise à ses délibérations commence à une heure aussi