Buch 
Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
Entstehung
Seite
370
JPEG-Download
 

370

des progrès agricoles, si ce progrès était susceptible de se mesure^ sur lesdépenses faites pour lenseignement.

Mais, encore une fois, tous ces moyens, tous ces livres, toutes ces aca-démies, à qui sadresseraient-ils? A la classe éclairée, à la classe déjà pour-vue dune instruction libérale, à la classe des grands propriétaires ou despropriétaires moyens.

Une preuve que cette direction donnée à lenseignement est une descauses les plus graves de la situation dans laquelle languit lagriculturefrançaise, cest que, dans certains pays qui nous environnent, on a vu quelinstruction agricole devait être portée ailleurs que nous nous obsti-nons à la diriger exclusivement en France, et que le succès y a couronnédes efforts mieux entendus que ne le sont les nôtres.

Que sest-il passé en Suisse, en Toscane et dans diverses contrées delAllemagne? Par leffet dhabitudes introduites dans le clergé de ces con-trées, les ministres de lévangile étaient en même temps chargés de lins-truction religieuse et de léducation économique des populations de ladirection desquelles ils étaient chargés. Un enseignement agricole simple,mais substantiel et pratique, a été introduit dans ces différents pays et syest largement propagé en allant à sa véritable destination, en sadressantessentiellement aux populations rurales, aux paysans. Eh bien! ce sont pré-cisément les pays dans lesquels cet enseignement si simple, si vulgaire, estle plus répandu, ce sont ces pays qui ont présenté le phénomène du pro-grès le plus remarquable, le plus rapide en agriculture.

Ainsi, de toutes les contrées de lItalie, la Toscane est, sans compa-raison, le pays dans lequel, depuis le milieu du dernier siècle, il y a eules progrès les plus frappants; cest aussi le pays dans lequel il y a eu leplus dhommes qui, quoique avec moins de réputation, ont marché sur lestraces du célèbre Paoletti, linstruction a été répandue avec le plus dé-nergie et de soin dans la classe des paysans, dans la classe des petits et destrès-petits cultivateurs.

En Suisse, même direction de lenseignement, mêmes résultats; on nesest pas borné à enseigner les classes élevées, les grands propriétaires, niles moyens propriétaires; linstruction est allée chercher le paysan dans sachaumière, et il en est résulté une très-grande amélioration dans la culturerurale.

En deux mots, partout l'enseignement agricole a été un enseignement