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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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à substituer aux mauvaises routines qui les retiennent dans la misère, lapratique dun système dexploitation aussi simple, mais plus productif.

Parlons dabord de l 'enseignement.

Il se présente ici, messieurs, une première observation à laquelle je vousprie daccorder toute votre attention pour savoir quel est le genre densei-gnement le plus propre à produire les effets quon sen promet; une desconditions essentielles est de connaître dabord la population à laquelle onsadresse.

Eh bien! il faut que vous sachiez que, sur 2 5 millions de cultivateurs, àpeine y en a-t-il quelques centaines de mille, cest-à-dire les grands proprié-taires et les possesseurs de la moyenne propriété, appartenant à une classeayant reçu les bienfaits dune éducation libérale, qui soient en mesure deprofiter de ce quon appelle un enseignement.

Mais, au-dessous de ceux-, vous avez 2/1 millions et demi ou près de2 5 millions de cultivateurs, dont la vie se passe tout entière dans des tra-vaux purement matériels et mécaniques, dans lexploitation de leurs champs,qui ne vont point écouter les professeurs, suivre les cours que vous ouvrezdans les villes, qui niront pas davantage à quelques lieues de leur domicile,voir ce qui se passera dans les fermes-écoles, que vous croyez établir à leurusage.

Le projet proposé par le Gouvernement ne fait rien pour cette classe siconsidérable de cultivateurs.

Ici, permeltez-moi de vous signaler un fait. Ce nest pas daujourdhuiquon a cherché à donner un enseignement à lagriculture. Depuis un siècle,il ny a point de direction de lactivité humaine, point de science ou dart,à légard de laquelle on ait plus souvent, et avec plus dénergie, déclaréquil fallait sattacher à tout prix à en développer les principes, à en incul-quer les notions.

Il ny a point de pays, en particulier, qui ait fait plus de sacrifices pourcet objet que nen a fait la France. Ainsi, si vous voulez prendre connais-sance de cette multitude dacadémies, de comices, de comités, dinstitu-tions de toutes sortes qui, depuis le milieu du dernier siècle, se sont formésdans le pays; si vous voulez jeter les yeux sur cette immense quantité devolumes dont se compose notre littérature agronomique, vous verrez quela France devrait marcher au premier rang des nations dans la carrière

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