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tune du pays, il n’a qu’à vouloir, il dépend de lui de développer d’une ma-nière rapide nos richesses territoriales. En vérité, s’il ne. le faisait pas illaisserait peser sur lui une bien grave responsabilité; autant la tâche estgrande et autant les moyens sont simples et faciles. Permettez-moi quel-ques développements. L’agriculture de cette catégorie de propriété, quej’appelle la propriété moyenne, celle des cultivateurs payant de 3 o à3 oo francs de contributions, est une agriculture extrêmement arriérée :elle occupe près des deux tiers du territoire français. C’est la situation dé-plorable dans laquelle elle se trouve qui fait qu’en parcourant vos statis-tiques vous rougissez en face des chiffres de la nature de ceux que je vaisvous indiquer.
Tandis qu’en Belgique, en Angleterre, dans un grand nombre des paysqui nous environnent, la moyenne de la production du blé s’élève à 2 îou 22 hectolitres par hectare, à quel taux cette moyenne se réduit-elleen France? A 12 ou 12 hectolitres 1/2. Les dernières statistiques officiellesle constatent.
Le citoyen de Beaumont [de la Somme). Elles n’en savent rien, vos statis-tiques.
Le citoyen Dezeimeris. Les statistiques disent vrai; et la preuve de ceque j’avance, la voici : ce n’est pas seulement parce que la statistique l’adit que je le sais, je vais vous le montrer par une raison qui vous paraîtrairréfutable. Vous avez 35 millions d’habitants en France; vous savez très-bien que la moyenne de la consommation de l’habitant de France (si vousvoulez vous rappeler qu’il y a un très-grand nombre de Français qui n’ontpas l’honneur de manger du pain de froment), vous savez, dis-je, très-bien que la consommation moyenne ne s’élève pas au delà de 3 hecto-litres à k hectolitres par tète. Eh bien, faites-moi le plaisir de me dire ceque peuvent donner les 1 2 millions d’hectares qui sont ensemencés en bléchaque année?
Si ces 12 millions d’hectares que vous ensemencez en froment donnaientbeaucoup plus que ne le prétend la statistique, si ces 12 millions d’hectaresdonnaient plus de 12 hectolitres par hectare, vous en récolteriez annuel-lement plus de i 5 o millions d’hectolitres. Que deviendrait le blé? Vous enauriez beaucoup à revendis chaque année. Est-ce là votre situation? êtes-vous en mesure d’en exporter? Bien loin de là.
Depuis sept ou huit ans vous êtes obligés d’aller chercher, chaque année