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un complément à votre approvisionnement; vous êtes forcés d’acheter dublé à l’extérieur.
Quand la statistique vous dit que la production du blé en France estde douze hectolitres et demi à l’hectare, elle vous dit vrai; il n’est paspossible qu’elle se trompe. Si la terre donnait plus de blé que cela enmoyenne, vous auriez plus de blé que vous n’en pourriez consommer, vousen auriez à revendre, tandis que, depuis sept ou huit années, vous êtesobligés d’en acheter tous les ans.
J’accepte donc pour vrais, et je défie qu’on me prouve qu’ils ne le sontpas, les chiffres de la statistique qui établissent que, tandis qu’en Belgique,en Angleterre et dans plusieurs contrées de l’Allemagne, la production deblé s’élève à vingt et un hectolitres, chez vous elle reste à douze hectolitreset demi, à treize, quatorze hectolitres; si vous voulez, cela ne fait rien,la marge est large pour constater votre infériorité.
Je disais que c’est précisément dans cette classe payant de 3o à 3oo fr.de contributions qu’existe la déplorable routine que l’agriculture françaisea conservée de l’agriculture romaine; il y a quinze siècles que cela se per-pétue, il y a quinze siècles que le progrès n’a pas réussi à pénétrer danscette catégorie de la propriété.
Que faut-il pour que cette propriété se transforme? Je crois pouvoirm’engager, et ici je ne crois pas faire acte d’immodestie; cette solutionest si claire, si triviale, si palpable, que quand vous la connaîtrez, per-sonne ne pourra la contester. Je maintiens qu’il est extrêmement facile,dans un espace de temps extrêmement court, quatre, cinq ou six années auplus, d’obliger les quinze cent mille possesseurs de ces domaines à intro-duire dans leur exploitation un seul changement par suite duquel les pro-duits de leur sol augmenteront dans une énorme proportion.
C’est en vue de ce résultat que j’ai proposé à l’Assemblée un certainnombre d’amendements que je me réserve de développer ultérieurement.
Assurément ces questions sont d’une telle nature, d’une si haute gravité,qu’il n’est pas possible à la patience la plus robuste d’en entendre l’exposécomplet après cinq heures consacrées à d’autres questions. Je me réservedonc, quand le moment conviendra, quand viendra la discussion des ar-ticles spéciaux se rapportant à ce point, je me réserve, dis-je, de montrerqu’en retranchant du projet qui vous est proposé et dont j’accepte, je doisle redire, toutes les bases, savoir : les fermes écoles, au nombre de quatre-
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