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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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culminant, suivant moi, c'est lextension des fermes-écoles. Que sont doncles fermes-écoles? Sont-ce donc des établissements scientifiques?

Un mot pour bien préciser ce quest celte institution.

Cest tout simplement lapprentissage comme il se pratique dans tous lesarts et métiers.

Quand vous voulez former un ouvrier industriel, vous vous adressez àquelquun qui connaisse cet état, et puis vous lui coniiez un enfant quiapprend en voyant faire et en faisant lui-même. Voilà ce qui se fait danslindustrie. Pour lagriculture, il nest pas possible de mettre ainsi chez tousles cultivateurs les enfants quon veut instruire. Pourquoi? parce que danslindustrie la plupart des industriels exercent également bien leur profes-sion, et que dans lagriculture le plus grand nombre lexercent mal, etquainsi, si on se bornait à faire ce que nous indiquait tout à lheure lhono-rable M. Amable Dubois, à laisser le fils apprendre chez son père, il ap-prendrait mal-, il faut donc choisir, parmi les cultivateurs, ceux qui sedistinguent en cultivant mieux. Cest à côté de ceux- quil faut mettre lesenfants dont vous voulez faire des apprentis. Eh bien ! voilà à quoi se bornele projet dans la partie fondamentale et rudimentaire, dans la partie de lacréation des férmes-écoles. Il sagit tout simplement de choisir danschaque département ou chaque arrondissement (suivant le nombre quevous voudrez créer de ces établissements) le cultivateur qui cultive le mieux,cest-à-dire celui qui gagne le plus dargent; car cest, pour moi, le signede lhomme qui cultive le mieux. (Très-bien!) Vous direz à ce cultivateur:voulez-vous recevoir dix, quinze ou vingt enfants qui verront ce que vousfaites et auxquels vous donnerez, non pas des notions théoriques, mais aux-quels vous indiquerez pendant quelques heures de chaque semaine le motifpour lequel vous avez fait telle ou telle opération agricole? Voilà toutsimplement à quoi se borne la partie capitale, fondamentale, rudimentairedu projet qui vous est soumis.

Et voilà ce que lhonorable préopinant appelait la création de nombreuxprofesseurs. Un homme cultivant de ses mains et faisant pénétrer à sesélèves les raisons de toutes les pratiques journalières de la ferme, voilà,dans toute sa simplicité, ce que le projet entend par les fermes-écoles.

Maintenant, il ne sagit pas seulement de prouver que le système est bon,il faut prouver quil est praticable. Le préopinant disait : vous créez desfermes-écoles, mais vous ne trouverez pas denfants qui veuillent y aller. La

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