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routine est telle dans la campagne, que les parents qui peuvent placerleurs enfants dans les fermes, où ils sont salariés, n’iraient pas les placerdans les fermes-écoles s’ils n’y trouvaient pas quelque avantage. Cela estparfaitement exact : il est évident que le petit cultivateur pauvre ou le ma-nouvrier, qui attend le petit pécule que son fils lui rapportera au bout del’année, n’ira pas le placer dans les établissements où on enseigne des théo-ries, où il ne gagnera rien.
Aussi qu’a fait le projet? Il a déclaré que l’enfant recevrait un salaire quiserait accumulé, et qu’il trouverait à sa sortie de l’école au bout de deux outrois ans. Ainsi, après avoir perfectionné son instruction, il se trouveradans la position où il se serait trouvé s’il avait été chez un cultivateur igno-rant, où il n’aurait rien appris en travaillant beaucoup. (Approbation.)
L’honorable préopinant vous disait : que pouvez-vous apprendre à un en-fant de huit à dix ans ? Ceci me prouve encore qu’il y a longtemps qu’il n’alu le projet (on rit), et que ses dispositions sont sorties de sa mémoire, carle projet dit formellement qu’on ne recevra les enfants que de l’âge deseize ans au moins. Ainsi toutes les objections faites tombent véritablementune à une.
En présence de ces explications si simples de ce que c’était qu’une fermede ce genre, faut-il répondre à ce qu’on vous disait de la voie scientifiquedans laquelle on allait se lancer? Ce serait superflu,
Faut-il répondre à ce qu’on vous disait que le Gouvernement avait en vuede créer des places et de distribuer des faveurs? Non encore; car ces fonc-tions ne sont pas de celles que puisse conférer la faveur, puisqu’il s’agit dechoisir tout simplement des cultivateurs exerçant déjà; et, en outre, c’estpar les conseils généraux, par les autorités locales, par suite de concours queces fonctions seront données. Ainsi il ne peut y avoir de ces abus que jeblâmerais, et qui me suffiraient, s’ils pouvaient exister, pour rejeter leprojet; mais ils ne s’y trouvent en aucune façon, et l’on ne peut d’aucunemanière les y introduire.
Maintenant je ne suivrai pas, vous le comprenez, le préopinant dans toutce qu’il vous a dit sur tout ce qui se rattache de près ou de loin à la ques-tion; il a parlé du conseil général et du conseil supérieur de l’agricultureet de l’industrie, de la question de laines , de lin, des drawback. Ces ques-tions viendront à leur tour, et, à l’occasion, nous aurons lieu de discuterd’une manière complète tout ce qu’on vous a indiqué. Il a proposé des