Buch 
Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
Entstehung
Seite
407
JPEG-Download
 

— 407 —

dirigées furent visitées; les meilleurs praticiens consultés; leurs méthodesappréciées et décrites.

Les nombreux rapports qui lui parvinrent de toutes les parties duroyaume furent dressés sur les lieux mêmes, par les agriculteurs les pluséclairés, et durent former un ensemble complet des meilleurs pratiquesqui s’y trouvaient suivies. Ce travail est encore à faire en France.

Il est donc du devoir du Gouvernement de développer et de faire fruc-tifier, sans esprit de système, tous les germes de progrès dont il peut dis-poser.

Il me semble que le but qu’on doit se proposer dans l’établissement desfermes régionales est particulièrement d’étudier quels sont, sous l’influencede certaines conditions climatériques, les meilleures cultures à introduire.Envisagées sous ce rapport, elles sont essentiellement expérimentales; dèslors, il ne me semble pas qu’on doive en créer plus qu’il n’y a de différencesbien tranchées dans le climat des diverses parties de la France. A ce pointde vue, cinq à six fermes régionales me sembleraient suffisantes; en yajoutant l’enseignement théorique, elles seraient comme les facultés del’université, et nous ne verrions pas pourquoi on les rendrait plus nom-breuses que ces derniers.

Malgré que je sois le premier à reconnaître toute l’importance et l’uti-lité des fermes-écoles, elles me paraissent cependant également susceptiblesd’être réduites à une par département. Tout en donnant à l’enseignementdu premier degré un développement suffisant, ce serait le moyen le plussûr de ménager quelques ressources pour les autres genres d’encourage-ments que j’ai signalés, et dont l’agriculture a le plus grand besoin.

Dans un projet de loi qui constitue tout l’ensemble de l’enseignementagricole à tous les degrés, nous aurions peut-être lieu de nous étonner qu’iln’existât aucune disposition relative à l’instruction élémentaire dans nosécoles primaires communales, et, cependant, il faut bien le reconnaître,elles devraient être comme la base de tout l’édifice, le principe et le com-mencement de toute instruction. Ne semble-t-il pas, en effet, que ce qu’ily a de plus important, c’est de s’occuper tout d’abord et de l’instructionagricole de l’instituteur primaire, et de celle des enfants de nos cam-pagnes, afin d’inculquer de bonne heure à ces derniers le goût d’un artqu’ils sont appelés à pratiquer toute leur vie, et qui sera un jour leur seuleressource pour élever leur famille? On y réussira en leur donnant des no-