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attendez, quand l’agriculteur a besoin d’une action prompte, instantanée,immédiate.
Que restera-t-il sur le crédit que vous demandez pour accorder desrécompenses aux inventeurs des meilleurs procédés, des instruments ara-toires les plus économiques? aux découvertes de ces observateurs attentifsqui auront trouvé des signes certains de reconnaître les meilleurs racesd’animaux, ou qui seront parvenus à les améliorer, à les perfectionner, àen créer de nouvelles? à ceux enfin qui, en rendant l’agriculture plus éco-nomique et ses produits plus abondants, auront ainsi multiplié le travail,en permettant de faire bien toutes les façons qu’on était forcé de négliger,afin de réserver des ressources pour les plus importantes, et qui aurontainsi trouvé le moyen, sans ajouter aux dépenses, d’augmenter le prix dusalaire et d’améliorer ainsi le sort des travailleurs? N’y a-t-il donc que l’en-seignement qui fasse trouver ces cboses-là? M. Guénon, M. Hugues et tantd’autres que je me dispense de nommer, ont-ils eu besoin d’être élèves detelle ou telle école d’agriculture pour acquérir l’esprit d’observation etfaire leurs utiles découvertes.
Resserrez plutôt le cadre de l’enseignement à ses justes limites, et, enaccordant les encouragements que je vous signale, élevez, par une mani-festation publique et éclatante, par des distinctions honorifiques, leshommes qui, par leur fortune, leurs lumières, leur dévouement à l’artagricole et au bien-être de leur pays, n’attendent qu’un élan favorable, etqui, en puisant dans l’approbation d’un gouvernement éclairé un appuiqui leur manquait, redoubleront de zèle, d’efforts, de courage et de per-sévérance pour continuer leurs utiles perfectionnements; et vous encoura-gerez également par là ceux qui, en étant témoins des honneurs rendus àun art si longtemps oublié, voudront aussi embrasser une si noble carrière.
Par là, croyez-le bien, vous multiplierez les essais, les tentatives, etvous imprimerez à l’art agricole un mouvement plus certain que vous nepourriez le faire par une extension immodérée des institutions d’enseigne-ment.
Une des causes qui a le plus hâté en Angleterre l’état prospère où estarrivée son agriculture, est la création que fit le gouvernement britannique,en 1793, d’un bureau d’agriculture, dont le premier soin fut de recueillir,dans les comtés, les notions les plus précises sur tous les procédés deculture qu’on y suivait. Toutes les exploitations, toutes les fermes les mieux