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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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Je vous prie de maccorder le silence. (Parlez!)

Eh bien, sest-on occupé de la concurrence agricole que peut nous fairela production étrangère? et si je vous ai parlé du barrage du Nil, de ce grandnombre dhectares qui vont être rendus à lagriculture dans ce pays, et quiverseront, non pas 4 millions dhectolitres pour la concurrence, mais 8 ouio millions dhectolitres par chaque année; nai-je pas raison de dire quenous avons besoin dapprofondir toutes les questions que soulève le projet.

Eh bien! le blé ne coûtant que 6 francs lhectolitre à Alexandrie, chargéensuite de 3 à 4 francs de fret, viendra à Marseille au prix de moins de îofrancs. Il fera alors la plus désastreuse concurrence au travail national,puisque la moyenne du prix de revient du froment, en France, dépasse1 5 francs. Les intérêts de 2 5 millions de producteurs seront atteints par cetteconcurrence. Que faut-il donc faire? Il faut donner un nouvel élan à lagri-culture; il faut développer les meilleures méthodes et arriver à produire lefroment à de moindres frais, afin que, jusquà de certaines limites, sonprix abaissé, sans diminuer les profits du labour, puisse défier la concu-rrence.

Avez-vous envisagé la question sous ce point de vue? Ne pensez-vous pasquil mérite dêtre examiné? LAngleterre, elle, ne sy trompe pas! Elle asu pendant longtemps protéger lagriculture, servir ses intérêts, même pardes droits prohibitifs, quelle brise aujourdhui, parce que son agricultureenrichie peut sen passer. Or, cette discussion, en se prolongeant, donneun gage de votre sollicitude pour nos laboureurs. Vous leur avez demandédes sacrifices, vos 45 centimes, par exemple.

Ces sacrifices, au-dessus de leurs forces, ils en ont compris la nécessité,donnez-leur donc maintenant des preuves éclatantes de votre intérêt. Sivous ne le faisiez pas, vous manqueriez à lun de vos plus importantsdevoirs.

Je demande donc que la discussion générale continue, et quelle reçoivetous les développements quelle comporte, et si vous prononcez lajourne-ment à vendredi^ je demande que lamendement Dezeimeris, qui a uneimportance immense à mes yeux, soit étudié par la commission et fassepartie du projet.

Le citoyen Flocon. Si lAssemblée veut fermer la discussion, je suis tropavare de ses moments pour lui en faire perdre, je suis prêt à quitter la tri-