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Je vous prie de m’accorder le silence. (Parlez!)
Eh bien, s’est-on occupé de la concurrence agricole que peut nous fairela production étrangère? et si je vous ai parlé du barrage du Nil, de ce grandnombre d’hectares qui vont être rendus à l’agriculture dans ce pays, et quiverseront, non pas 4 millions d’hectolitres pour la concurrence, mais 8 ouio millions d’hectolitres par chaque année; n’ai-je pas raison de dire quenous avons besoin d’approfondir toutes les questions que soulève le projet.
Eh bien! le blé ne coûtant que 6 francs l’hectolitre à Alexandrie, chargéensuite de 3 à 4 francs de fret, viendra à Marseille au prix de moins de îofrancs. Il fera alors la plus désastreuse concurrence au travail national,puisque la moyenne du prix de revient du froment, en France, dépasse1 5 francs. Les intérêts de 2 5 millions de producteurs seront atteints par cetteconcurrence. Que faut-il donc faire? Il faut donner un nouvel élan à l’agri-culture; il faut développer les meilleures méthodes et arriver à produire lefroment à de moindres frais, afin que, jusqu’à de certaines limites, sonprix abaissé, sans diminuer les profits du labour, puisse défier la concu-rrence.
Avez-vous envisagé la question sous ce point de vue? Ne pensez-vous pasqu’il mérite d’être examiné? L’Angleterre, elle, ne s’y trompe pas! Elle asu pendant longtemps protéger l’agriculture, servir ses intérêts, même pardes droits prohibitifs, qu’elle brise aujourd’hui, parce que son agricultureenrichie peut s’en passer. Or, cette discussion, en se prolongeant, donneun gage de votre sollicitude pour nos laboureurs. Vous leur avez demandédes sacrifices, vos 45 centimes, par exemple.
Ces sacrifices, au-dessus de leurs forces, ils en ont compris la nécessité,donnez-leur donc maintenant des preuves éclatantes de votre intérêt. Sivous ne le faisiez pas, vous manqueriez à l’un de vos plus importantsdevoirs.
Je demande donc que la discussion générale continue, et quelle reçoivetous les développements qu’elle comporte, et si vous prononcez l’ajourne-ment à vendredi^ je demande que l’amendement Dezeimeris, qui a uneimportance immense à mes yeux, soit étudié par la commission et fassepartie du projet.
Le citoyen Flocon. Si l’Assemblée veut fermer la discussion, je suis tropavare de ses moments pour lui en faire perdre, je suis prêt à quitter la tri-