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L’instruction agricole aurait pour résultat de vulgariser en France lesexcellentes pratiques qui nous manquent.
On nous a dit encore qu’il y avait en ce moment-ci trop de bras dansles champs. A mon avis, c’est le contraire qui apparaît à tous les yeux.(Bruit.)
Le problème que nous avons à résoudre, à mon avis,' est de reportersur les champs les bras qui affluent dans les villes, et que l’industrie manu-facturière laisse tx’op souvent inoccupés. Eh bien, la situation de la France,à cet égard, peut se résumer en deux mots. D’une part, nous avons dela terre qui attend des bras; de l’autre, nous avons des bras qui attendentdu travail.
Eh bien, je demande si vous ne ferez rien pour changer cette situation.
Le projet qui vous est présenté me paraît être le premier pas à faire pourarriver à un résultat qui doit affranchir la France de toutes les souffranceset de toutes les crises industrielles par lesquelles elle a passé jusqu’à pré-sent. Je pense que l’Assemblée n’hésitera pas un instant à vouloir bienmaintenir le projet à l’ordre du jour, à passer à la discussion des articles,et à en voter l’adoption. (Aux voix! aux voix! )
Le citoyen Président. La parole est à M. Luneau.
Le citoyen Laneau. Il paraît assez étrange que, dans une question d’agri-culture, ce soient les hommes qui pendant longues années ont le plus sou-tenu l’agriculture, en toutes les circonstances, qui viennent ici proposerl’ajournement. C’est qu’effectivemerit ce projet n’est pas du tout ce qu’ilsavaient demandé; ce qu’ils sollicitaient depuis longtemps.
Le citoyen Tourret, ministre du commerce et de Xagriculture. Je demandela parole.
Le citoyen Besnard. Je la demande aussi.
Le citoyen Laneau. C’est que l’agriculture est un art qui se fonde cer-tainement plutôt sur la pratique, sur l’expérience que sur la science. (Très-bien ! )
Ce n’est pas, pour cela, que nous repoussions la science, loin de nouscette pensée; mais nous ne voudrions pas la voir organisée comme ellel’est dans le projet.
Et ici je vois que l’on créera de nombreux états-majors (C’est cela !) unpersonnel considérable; je vois bien des professeurs d’agriculture sans