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mains d’une certaine classe, ne nuise par cela même à l’affranchissement,à l’amélioration du sort de la population en général?
Le projet a pour but de répandre l’enseignement dans toutes les classes,et je ne comprends pas comment on peut dire que, lorsque sur le plus grandnombre de points possible de la France on aura vulgarisé une bonne pra-tique et une bonne doctrine en fait de science agricole, on n’aura pas faitavancer l’agriculture d’une manière extrêmement notable dans notrepays.
L’orateur auquel je réponds nous a cité la supériorité de l’agriculture del’Angleterre, de l’Allemagne, de la Suisse, de l’Amérique; il aurait pu sa-voir qu’en Suisse, en Amérique, en Allemagne, il y a des écoles d’agricul-ture qui ont rendu dans ces pays les plus grands services et dont il s’agitmaintenant de transporter en France les plus utiles enseignements.
Assurément, s’il ne s’agissait que de prendre la pratique pour la porterd’un point sur un autre, l’école d’enseignement agricole pourrait paraîtresuperflue; mais peut-on dire que la France possède réellement l’enseigne-ment agricole lorsqu’il est certain que les premières notions, les plusutiles, les plus indispensables, sont complètement inconnues parmi nous?
Si vous voulez, par exemple, examiner ce qui se passe en Angleterre,en prenant un seul détail de la question, celui qui regarde l’élève dubétail, l’élève des animaux , vous verrez que les Anglais, par une sciencetrès-approfondie, par des recherches extrêmement longues, extrêmementcoûteuses, sont arrivés à d’immenses résultats; ils en sont venus à modifierprofondément la structure extérieure et même la construction intérieuredes animaux utiles à l’agriculture, utiles au pays.
Je vous demande si, en France, il y a quelques écoles ou quelque lie'uoù cette science puisse être appliquée? Evidemment non.
Les Anglais ont modifié, comme je vous le disais, le bétail, les chevaux,les porcs, les moutons, de telle façon qu’ils les ont complètement changés, etqu’ils ont fait une seconde création. ,
Un membre. Ils l’ont fait sans écoles.
Le citoyen Flocon. On me répond : Ils l’ont fait sans écoles. Si dansce pays la richesse et l’intelligence, par une longue application, ont opérétous ces prodiges sans écoles, elles ne les ont pas opérés sans principes,elles ne les ont pas opérés sans tradition.