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tés, je dirai : comment se fait-il que cette création, qui incombera à l'Étatdans une forte mesure, dans une grande proportion, n’ait été appuyée paraucune appréciation et par aucune indication des dépenses dans le projetqui vous est soumis? 11 n’en est pas dit un mot. Ce projet se présente toutpetit, tout bénin. La ferme-école, après les développements qui lui serontdonnés, ne coûtera, par année, que i4,55o francs. Le calcul est précis;comme vous voyez, les fractions des centaines y sont.
La ferme régionale coûtera bien peu de chose; elle coûtera 4o,ooo fr.par an.
Comme vous le voyez, le projet présenté dans ces termes à une Assem-blée qui a à cœur, grandement à cœur de s’occuper des plus chers intérêtsde l’agriculture, il n’est pas douteux que cette Assemblée doit s’empresserde l’accueillir.
Mais tout cela est-il vrai? Hélas! non. Regardons un peu de près lavérité.
D’abord, imaginez-vous la difficulté de trouver dans chaque arrondisse-ment, et je dis dans chaque arrondissement avec volonté, car je sais bienque d’abord on nous proposait, dans le projet du ministre, la création,dans tous les ai’rondissements, de trois cent cinquante écoles; je sais très-bien aussi que, dans le projet de la commission, on a essayé de présenterun amoindrissement qui n’est pas dans le fond des choses; on ne créeraitd’abord qu’une ferme-école par département, sauf à en créer une plus tardpour chaque arrondissement; c’est là la variante.
Mais, enfin, il faut toujours arriver, dans un terme qui n’est pas indi-qué, à créer, dans chaque arrondissement, trois cent soixante écoles; vousaurez ensuite vingt écoles régionales, ce qui fait trois cent quatre-vingt; etenfin, un Institut supérieur, ce qui fait trois cent quatre-vingt-un; en tout,presque quatre cents établissements.
Voyons d’abord pour ce qui regardera le propriétaire avec lequel ilfaudra s’entendre.
Il n’y a pas la moindre difficulté : on trouvera dans chaque arrondissem entun propriétaire administrant par lui-même une ferme qui lui appartiendra,réunissant toutes les conditions et une étendue de cent hectares. On trou-vera tout à coup ce propriétaire très-heureux de se poser en maître depension; car on lui donnera trente-trois élèves en moyenne , trente-troisélèves qu’il sera tenu de nourrir et entretenir, de faire travailler, d’instrm'”