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La démocratie de ce pays a parfaitement accueilli la République; maisune crainte que j’exprime, c’est que, si en lui promettant quelque avantageon lui prend plus d’argent que par le passé, son sentiment démocratiquequ’on veut caresser se relèvera très-mécontent.
Aussi, pour mon compte, pour le pays que je représente, au pointde vue démocratique, je repousse entièrement le bienfait qui doit, dit-on,résulter du projet.
Maintenant, ce projet tel qu’il est conçu, accuse-t-il un examen complet,des études suffisamment sérieuses? Cela devrait être, assurément, car j’aientendu plusieurs citoyens en réclamer la paternité : la monarchie, le gou-vernement provisoire et le ministre actuel de 1 agriculture et du commerce.Certes, un projet si bien élaboré, un projet, a dit M. le ministre de l’agri-culture , qui a déjà reçu par avance l’approbation des conseils généraux deFrance, un pareil projet doit être une chose complète. Eh bien, je l’examine,et sans tomber dans de longs détails, je prends ses deux premières divi-sions.
Les fermes-écoles, d’abord.
Je demande , après examen du projet et du rapport, comment les fermes-écoles seront créées; dans la discussion j’ai vu émettre des idées, mais nidans l’exposé des motifs, ni dans le rapport, ni dans le texte du projet, jen’ai trouvé comment ces écoles seraient établies.
Si je consulte le rapport, page i h , c’est l’État qui doit créer les fermes-écoles; si je consulte l’exposé des motifs du projet, il semblerait qu’on de-vrait établir ces fermes-écoles avec le concours, avec la bonne volonté,soit de propriétaires, soit de fermiers. A laquelle de ces deux idées faut-ilque je m’attache? J’aurais besoin qu’on me le dise d’une manière positive.
Le citoyen Tonrret, ministre de l’agriculture. Aux deux.
Le citoyen Besnard. Aux deux! C’est là ce que je voulais savoir.
Là où on trouvera un propriétaire ou un fermier qui réunira les con-ditions exigées pour être directeur de l’école modèle, on le prendra proba-blement et on le fera directeur de sa propre chose. C’est là la moitié del’idée.
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Là où on ne trouvera pas ce directeur fermier ou propriétaire, l’Etatdevra créer l’école. Et alors, à part les difficultés pour la première idée, dif-ficultés sur lesquelles je ne suis pas d’accord avec mon honorable collègueM. Luneau, difficultés que je signalerai tout à l’heure, à part ces difficul-