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ne trouvons pas les conditions nécessaires, nous n’établirons pas les fermes-écoles.
Je commence à être rassuré, et savez-vous pourquoi? C’est que futiliténe me paraît pas aussi grande avec cette réponse quelle paraissait l’êtretout d’abord; car si M. le ministre recule devant l’établissement aux fraisde l’Etat, il s’ensuit que l’utilité démocratique, qui résonnait tout àl’heure si fortement à cette tribune, n’existe pas; car si elle existait, M. leministre, avec la disposition qu’il manifestait à l’instant même d’y sacrifierles millions nécessaires... (Interruptions.)
Le citoyen ministre de l’agriculture. Je demande la parole.
Le citoyen Besnard. M. le ministre, à ce qu’il paraît, a la volonté de vousétablir qu’il réussira parfaitement, et que l’Etat n’aura pas besoin de s’enoccuper; en même temps, sans doute, il vous établira de nouveau lanécessité de fonder des fermes-écoles. J’attendrai cette démonstration, et,pour mon compte, voici ce que je dirai maintenant.
Je suppose que quelques fermes-écoles fussent établies dans les termesoù on veut le faire. Il a été malheureusement démontré, par l’expériencedu passé, que toutes les fermes-modèles, que toutes ces grandes entre-prises d’agriculture avaient été belles pour professer, et pour faire impri-mer des théories, mais qu’elles avaient été mauvaises, quant à leurs pro-duits, pour ceux qui s’en étaient occupés pour leur compte; et quant àleurs produits pour l’État, quand l’État les avait subventionnés. C’est unevérité sur laquelle je n’ai pas besoin de m’appesantir; elle est incontes-table.
Si la nouveauté séduisait, parce que quelque propriétaire, ou quelque fer-mier y aurait réussi; et si, comme l’ont prévu les motifs du projet et le rap-port lui-même, si ceux qui seront appelés à mettre le projet en pratique,allaient ne pas réussir.... — On l’a prévu et j’ajoute ceci : la prévision seréalisera presque certainement; ce ne sera, s’il y a des exceptions, quedes exceptions fort rares, qui viendront témoigner favorablement.
Et en effet, pour vous le faire comprendre, supposez 100 hectaresde terre, c’est l’étendue de la ferme-école; trente-trois élèves, les fraisde directoriat, d’inspectorat, les frais d’achat en bétail, en fumier, eninstruments aratoires, tout ce qui constitue les nécessités de la ferme, sup-posez tout cela : trente-trois individus qu’on nourrira à raison de k 9 cen-times par jour, ce n’est pas pour le travail et la culture de 100 hectares de
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